DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 109
assez exactes pour en être assuré : bailleurs il ne s’étoit pasencore écoulé un assez long espace de rems; un mouvementen latitude , moins sensible que celui de la longitude, pouvoirse manifester dans un plus grand nombre d’années. Cette cir-conspection prouve qu’Hypparque étoit un très-bon esprit : ilne prononçoit pas même íur tout ce qu’il avoir vu ; il atten-doit du tems les éclaircissemens nécessaires , & qui le plussouvent détruisent les assertions précipitées. Ptolémée, qui vint260 ans après, retrouvant les latitudes telles que Timocharisêc Hypparque les avoient observées, fut dans le cas de dissipertout-à-fait le doute que la prudence de son prédécesseur avoirlaissé subsister.
§. XXI X.
Nous croyons qu’Hypparque a été plus loin , 6 í qu’il adeviné que ce mouvement même n’appartenoit pas aux étoiles.Suivant les apparences observées, les étoiles s’éloignoient toutesdes points équinoxiaux, par un mouvement égal, dí en con-lervant entr’elles le même ordre qui subsistoit depuis le com-mencement du monde. II paroît qu’Hypparque n’admettoitpas la calote sphérique , sur laquelle les anciens Grecs avoientattaché les étoiles. Les apparences étoient les mêmes , foiequ’elles s’éloignassent du point équinoxial , soit que ce points’éloignât d’elles. 11 étoit plus simple que ce point , ou dumoins les quatre points cardinaux fussent seuls en mouve-ment. C’est la supposition qu’il crut la plus naturelle. M. deMontucla (a). le conjecture avec talion, d’après le titre d’unouvrage d’Hypparque , de la Rétrogradation, des points équi-noxiaux y qu’il auroit aussi facilement intitulé du mouvement
(--) Hist. des Mathémat. T. I, p. 174.
(í) Infra.