DE L’ASTRONOMIE MODERNE, 127
toutes les fois qu’on veut accorder, les mouvemens du soleil Scde la lune.
Alexandrie étoit alors le íìege unique de Tastronomie Sc dessciences ; César fit venir de cette ville Sosigenes, philosophepéripatéticien Sc astronome. Sosigenes ayant examiné Tannéede Numa Sc les intercalations prescrites , vit qu’il n'y avoirpas d’autre parti à prendre que d’abandonner Tannée lunaireSc de régler Tannée civile feulement fur le cours du soleil.C’étoit le moyen de lui donner une forme simple Sc par con-séquent commode. II imagina de faire chaque année de troiscent soixante-cinq jours. Sc d’ajouter un jour à la quatrième ,pour tenir compte des quatre quarts qui s’étoient accumulés.Nous disons qu’il imagina cette intercalation d’un jour, quoi-que nous fâchions bien quelle a dû être en usage très-ancien-nement aux Indes. L’intercalation d’un mois de trente jours,tous les cent vingt ans chez les Perses , est précisément la mêmeque celle d’un jour tous les quatre ans. Les Egyptiens avoientleur année désignée fous Temblême d’un arpent , leur annéeréglée fur le lever de la canicule , qui avoit nécessairement unjour intercalaire chaque quatrième année (a). Ces faits ontpu mettre Sosigenes fur la voie, mais il falloit que la chosefût encore difficile ; il s’agistoit en effet d’accorder la simplicitéavec Texacfcitude. César avoir rassemblé beaucoup de mathé-maticiens , Sosigenes remporta le prix de cette espece de con-cours. Cette année réformée fut appelée Julienne , Sc porta lenom de César } au lieu de porter celui de Sosgenes , qui luivalut cet honneur. Elle a réglé le tems pendant quinze siécles,jusqu a ce que le Pape Grégoire XIII vint donner son nom àune seconde résormation devenue indispensable.
(u) Histoire de l’Astronomie lacicnne, x. nz » 161 & 400,