I)E ^ASTRONOMIE moderne, lzp
que le plus petit intervalle de te m s suffiíoit pour en changerles apparences. II en voulut donner une idée, en faisant tournerrapidement la roue d’un potier ; on y fît au même instant deuxmarques consécutives , Sc on crut qu’elles étoient impriméesau même endroit de la roue ; mais lorsqu’elle sut en repos,il montra que les marques étoient fort éloignées l’une del’autre. C’est pourquoi on le surnomma le Poúer (a). Nous rap-portons cette histoire, non comme une étimologie digne deconfiance , mais pour montrer la maniéré dont les astrologuesse défendoient.
Nigidius est encore fameux pour avoir prédit à Octave ,père d’Auguste, le jour de la naissance de son fils , que cetenfant feroit un jour le maître des Romains {b). On fait com-ment ces prédictions s’ajustent aux évenemens, quand ils fontarrivés. Lucain (c) le compte au nombre de ceux qui présa-gèrent les maux futurs du peuple Romain , à la veille de larupture entre César Sc Pompée ; prédiction aílez aisée au mo-ment d’une guerre civile, & lorsque les deux moitiés du mondealloient se heurter Pune contre l’autre. Nigidius fut accusé demagie ; mais s’il mourut en exil , ce ne fut point pour cettecause; il avoit embrassé le parti de Pompée, Sc n’osoit revenirà Rome, où celui de César dominoit (d). Cette accusation demagie doit être rangée au nombre des inepties dont on chargela mémoire des gens qui ont eu quelque célébrité. Pour unhomme, qui méritoit fans doute fa réputation, qui d’ailleursétoit ami de Cicéron, c’étoit bien assez d etre astrologue.
§. L-
Les loix sévirent cependant contre les astrologues dès le
(a) Bayle , art. Nigidius, Rem. G.
(b) Ib id. Rem, E>,
(c) Phars. Lib. I, v. 6;-.
Id) Bayle, a;t. Nigidius, Rem. &,