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Tome premier.
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DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 141

elle n’a pas lieu pour la géométrie & la mécanique; Le nousne voyons pas que les Romains y ayent fait plus de progrès.D’ailleurs nous avons montré que le mépris de l’aftrologien’étoit pas fi général à Rome. On trouve une cause plus natu-relle, dans le terme du développement de l’efprit humain, oùles Romains fe font arrêtés. Llmagination régné la premiere ;les arts qu’elle crée ôí qu’elle rend agréables, la poésie, l’élo-quence enchantent dc fixent les esprits; il faut que le prestigefe diíììpe avant de voir naître le goût des vérités solides : lessciences exactes font les dernieres cultivées. Les Romainsn’eurent pas le loisir de parcourir ces différentes époques dudéveloppement de l’efprit humain. Toujours occupés de guerresou d’intrigues ; unis pour conquérir la terre , ou divisés pourla partager ; livrés fans ceffe aux affaires de la république yteurmentés du choix ou de l’expulsion des tyrans , ils ne con-nurent jamais ce repos de Tétât, ou cette inaction des esprits,dont alors toute l’activité fe porte à battrait des sciences. Oncultiva l’éloquence tant qu’elle conduisit aux dignités. Mais unparticulier qui eût cherché la gloire, dans la carrière des scien-ces , ne l’auroit point trouvée : ses concitoyens ne l’auroientpas feulement remarqué. Voilà ce qui regarde les sciences engénéral ; mais on peut dire encore que celles qui font fondéesfur l’obfervation Le l’expérience, qui par conséquent demandentdes dépenses &: des travaux suivis , comme l’érude du ciel „n’ont jamais fait beaucoup de progrès dans les républiques.Leur utilité, qui dépend presque toujours de leur perfection ,est trop éloignée pour frapper la multitude. Ce ne peut être legoût général ; c’est le goût d’un particulier. Dans une répu-blique , cet homme n’a de ressources que fes efforts Le fesmoyens ; il chemine lentement, & meurt fans inspirer le désirde limiter. Mais dans une monarchie , quand cet homme est