DE GASTRONOMIE MODERNE, m
Elle est supposée commencer quatre mille sept cent treize ansavant notre ère , elle ne finira que l’an trois mille deuxcent soixante-sept. Scaliger a proposé cette période commeune mesure univeríelle à laquelle on pouvoit rapporter toutesles autres périodes , toutes les époques & les chronologiesdes différens peuples connus : son étendue lui donne en este ccet avantage. Pluíîeurs astronomes en ont fait usage : nousen avons parié ici, à l’occasion de la période de Denis , pourne pas revenir fur cette matière.
§. XXXII.
Vfrs le milieu du septieme siecle de notre ère , le Maho-métisme , établi dans l’Arabie , ayant inspiré le fanatisme ,le zele des conversions, 6c le désir des conquêtes aux très-anciens habitans de cette partie du monde , les Arabes entre-rent en Egypte , soumirent Alexandrie , 6c détruisirent leplus beau monument dé l’antiquité, cette fameuse biblio-thèque , qui renfennoit les trésors du génie Le de l’érudition.Envain un philosophe , Philoponus, conjura Amrou , généraldes Arabes , de la conserver ; le Calife Omar , consulté , ré-pondit ; fi ces livres font conformes a 1‘ Alcoran , ils font inu-tiles , s’ils lui font contraires 3 ils font détefiables. On pourroitcroire que la politique a dicté ce t, arrêt ; mais la foi d’unereligion nouvelle ne connoît point cette politique , 6c laréponse n’est que barbare. Cette précieuse collection servitpendant plus d’un an à chauffer les étuves d’Alexandrie. Quel-ques manuscrits échappèrent fans doute , mais ils n’ont serviqu a faire regretter les autres. Les sciences & les lettres péri-rent avec la bibliothèque ; 6c cette école célébré , fondéedeux cent quatre-vingt ans avant J. C. , finit l’an six cent
Ddij