DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 145
appartient. Quand les planètes é tore n t stationnasses , elless’arrêtoient, difoit - on , parce que la lumière du Soleil leurmanquoit , 6c qu’elles ne pouvoient plus voir leur chemin.C’est Vitruve qui rapporte cette opinion : il ne l’adopte pas;mais seulement comme persuadé que l’éclat du Soleil s’étendpartout, 6c que les astres, en qualité d’êtres divins, peuventtoujours appercevoir la lumière {a).
§. XXV.
La manie de Pastrologie , 6c la confiance en ses faussesprédictions, étoient à leur comble dans ce siecle. L’an 1179,tous les astrologues Orientaux, Chrétiens , Juifs 6c Arabes ,annoncèrent pour le mois de Septembre 1186, une grandeconjonction de toutes les planètes , tant supérieures qu’infé-ricures, 6c la destruction de toutes choses par la violence desvents 6c des tempêtes. Ces prétçndus prophètes répandirent laterreur ; ces sept années furent des années de deuil. Personne,dit-011 , ne douta de la fin du monde {b). II faut croire cepen-dant que la foi ne fut pas si générale, 6c ne s’étendic pas auxriches 6c aux hommes puissans ; fans quoi l’histoire eût marquéde grands changemens 6c de fameuses réformations. Mais lepeuple seul a peur ; il n’a pas le moyen de restituer , ou dumoins fes restitutions ne changent point la face de la terre.L’année 1186 fe passa fort tranquillement, fans tempête 6ífans vents extraordinaires ; toutes choses allerent leur traincomme auparavant, 6c même la croyance aux prédictions desastrologues.
(a) Vitruve , ArchìteH. Lib. XK,tap. 4.
(è) Scaliger, Proleg. ad Manilium,Bayle, art. Stofler,