DE GASTRONOMIE MODERNE. i J7 ;
§. XXXIV.
Les astronomes font encore aujourd’hui en Perse dans laplus grande considération ; leur chef a cent mille francs d’ap-pointemens. Chardin estime que les gages donnés par le Roià ces astronomes montent à plus de quatre millions de noslivres. Mais les Persans font encore persuadés que les astresfont conduits par des génies , 6c la haute coníìdération , dontj oui tien t les astronomes , ou plutôt les astrologues , vient dela foi qu’on accorde à leurs prédictions 6c de l'u sage qu’onen fiait en toute occasion. II y en a plusieurs au palais ; leurchef est toujours auprès de la personne du Prince , pourl’avertir des jours 6c des momens heureux , excepté dans lesérail, parce que l’empire de l’homme fur le sexe le plus foible,tì’y craint point de momens malheureux. Ces astrologues por-tent leurs astrolabes à la ceinture, dans un petit étui fort orné.II n’a quelquefois que deux ou trois pouces de diamètre, Scon le prendroit volontiers , selon Chardin, pour une médaillede chapelet, ou pour la marque distinctive Sc honorifique dequelque ordre. Ils font consultés fur les choses les moins im-portantes ; par exemple, pour savoir si le Roi doit aller à lapromenade , s’il doit entrer dans le sérail , ou admettre ungrand qui attend dans l’antichambre. On voit que ces consul-tations doivent donner beaucoup de crédit aux astrologues.Au reste il ne leur en coûte pas beaucoup de peine, il leursuffit de prendre avec un petit instrument la hauteur du soleilou d’une étoile (a) ; parce que tout est lié dans la nature, Scqu’une feule observation dévoile letat passe , présent Sc futurdu monde. Ces principes confirment ceux que nous avons
(a ) Chardin , Tome Y. p. 73 & 80.
Tome I,
Kk