DE L’A S TR O N O MI E MODERNE, ryz
que par leurs émigrations de Bellovefe &c de Brennus, & parles guerres où César leur rendit les maux qu’ils avoient faitsaux Romains.
§- III.
Qu’il nous soit permis d’appuyer fur un usage de ces Sué-dois, dont nous n’avons pas tiré toutes les conséquences dansrhistoire de l’Astronomie ancienne , mais qu’il est importantde considérer ici , parce qu’il décele leur origine. Le commen-cement de leur année tomboit au solstice d’hiver, ou plutôtvingt jours après, lorsque le soleil se remontroit sur l’horizon,après une absence de quarante jours ; ils avoient alors unefête de réjouissance (a). Nous n’insistons point fur la confor-mité de cette fête avec celle qu’o n célébroit tous les ans pourAdonis , retrouvé après quarante jours de deuil & de mort.C’est l’absence même du soleil pendant quarante jours , quimérite qu’on y fasse attention. Quand un peuple a des fêtes,qui ont un but physique , elles font relatives au climat qu’ilhabite ; il n’a garde de s’affliger ou de se réjouir pour les phé-nomènes d’un autre horizon. Nous devons donc en conclureque cette fête des Suédois étoit née des phénomènes mêmesde leur climat êc du plaisir de voir renaître le soleil aprèsl’avoir perdu. Ils ont pu conserver cet usage en passant sousun ciel que le soleil anime tous les jours de ses regards ; c’estl’effet de la force de l’habitude & du respect des usages : maisil est indubitable qu’ils ont habité le climat de 68 degrés, oùcette ab/ence du soleil les affligeoit. C’est de cette latitude ,c’est du nord de la Suede, qui fut d’abord peuplé , qu’aprèsavoir découvert des pays plus favorisés de la lumière , ils font
(«) Olaus Rudbeck , Atlantica, Tome I, p. ft.