DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 301
cables, fut surnommé le Sage 011 l*Afìronôme. Ce dernier titrelui convient mieux que le premier. II avoir l’esprit élevé, maispeu prudent ; il étoit plus savant que politique: £a réputationlayant sait élire Empereur d’Allemagne , il profita mal decet avantage ; il ne fit valoir son droit que par des ambassa-deurs. Les Electeurs , lassés de Tattendre , éliront à fa placeIlodolphe, comte de Hapsbourg. Ainsi la négligence d’Alphonsesonda la grandeur de la maison d Autriche. II fut malheureuxdans ses propres états ; Hanche son fils , à qui il avoir assuréla couronne, trouva qu’il ne meuroit pas assez-tôt, Sc ledétrôna. Le prince Emmanuel, son oncle, prononça lui-mêmedans les états assemblés , la sentence de déposition ; Sc onprétend que Tambition , qui se couvre souvent du voile respec-table de la religion, s’appuya du mot impie qu’il avoir lâchécontre Tordre de TUnivers(u), Sc qui dans le fond n’atta-quoit que le mauvais système de Ptolémée. Se s tables, qui luicoûrerent 40000, ou 400000 ducats, furent payées cher,mais c’est parce qu’il lui en coûta Tempire d’Allemagne 5 cses propres états. Mariana {b) dit qu’jl avoir perdu la terre encontemplant le ciel. La destinée de ce prince est singulière parfa conformité avec celle d’Ulug-beg; tous deux favans , tousdeux curieux d’astronomie , auteurs de tables qui ont égale-ment porté Sc illustré leur nom , Sc tous deux détrônés parleurs propres enfans. II seroit cependant injuste d attribuer àl’amour des sciences le tort qu’Alphonse fit à ses assures ; il atrop embrassé fans doute, mais c’est qu’il manquoit de génie.De grands exemples , anciens Sc modernes , prouvent quel’étude des sciences ne nuit point à Tart de régner, qu’on peutêtre à la fois philosophe* conquérant Sc habile politique ; dans
(a) Mariana, Lìb. XIV.
(b) Ibidem, Lìb. XIII, e.