34i HISTOIRE
se coucher à l’occident. La terre , par son mouvement rapideautour de son axe , produit les mêmes apparences , qui auroientlieu , fi la. terre étant en repos , le ciel lui-même étoit en mouve-ment ( a ). En rappelant ici ce passage de Cicéron , où s’estconservée l’opinion de Nicetas, nous n’avons point intentionde faire tort à Copernic, mais nous imitons ce grand homme ,qui n’a point dissimulé ce qu’il devoit aux anciens ; il cite lui-même les pensées qui Font guidé ; il indique la route qu’il asuivie {b).
§. VIII.
Copernic raifonnoit fur la gravité , qui devoit immorta-liser Newton , il la définissoit assez bien : un certain defirnaturel t donné par l’Être suprême a toutes les parues de la ma~tiete y au moyen duquel elles tendent a s’unir fous une formecomplette & unique 3 & à se former en globe. La rondeur dusoleil Sc de la lune enseigne que cette force existe en eux. Lesanciens, qui voyoient tous les corps graves tendre au centre dela terre, penfoient que cette tendance indiquoit le centre dumonde. Si la gravité , si la pesanteur existe dans tous lescorps célestes, il n’y a plus de raison pour préférer la terre :elle paroît être le centre de tous les mouvemens ; mais tranf-portez-vous par la pensée dans tous ces corps, dans le soleillui-même , vous croirez encore être au centre de tous lesmouvemens. Ce n’est donc pas cette raison qui doit décider,c’est la simplicité des causes (c). Cette réflexion, qui appar-tient uniquement à Copernic, doit lui faire beaucoup d’hon-neur. Copernic fait voir ensuite que la grandeur de la terren’est rien en comparaison de celle de l’univers. Tous les grands
(a) Cice»on, Qiuji. acad. Lìb. IV t §. 3 ?.Histoire dc l’Astron. anc. p. m.
(b) Copernic, Epifi. ad Paul 7/J.J
(c) Copernic , de revol. p. i í.