ÉCLAIRCISSEMENT 4 s 9
§. I l-
Hypparque, après avoir déterminé la longueur de l’année, examinales différentes périodes qui lui étoient connues. II remarqua que celle deMéton, qui, suivant Callippe, étoit en erreur d'un jour au boui de 76 ans,en supposant l’année de 36;' étoit par sa nouvelle détermination , enerreur de 5' au bout de quatre fois yí, ou de 304 ans ; & que la périodede Calippe, dans le mcme intervalle, ne s’écartoit du mouvement d u soleilque d’un jour seulement : il s’ensuit qu’au bout de six íîecles ií y auroit eudeux jours de trop ; c’éroit l’erreur de la fameuse période de 6oo ans ,suivant Hypparque (u). Nous ne croyons point qu’elle ait été inconnue ácet astronome , quoiqu’on pense communément le contraire , &c nous nousfondons fur un passage de Pline , que nous avons déjà cité. Pline ditqu’Hypparque avoit prédit pour 600 ans le cours du soleil 6 c de la lune (é).Pourquoi ce compte de Loo années, s’il n’avoit pas fait usage de l’anciennepériode , en la corrigeant par ses nouvelles déterminations , qu’il croyoirplus exactes ? On a cru qu’il avoit composé des éphémérides pour cet inter-valle de te m s, mais Hypparque, ébauchant l’astronomie, ctoit trop réservépour hasarder une pareille entreprise (c). M. de Montuclá pense avec raisonque Pline avoir en vue les tables du soleil & de la lune , dont, par unedéfiance qui mérite des éloges, Hypparque borna fans doute l’exactitude àl’espace de 600 années.
§. III.
Nous sommes persuadés que cet astronome n’auroit eu aucune confiancedans la durée de l’année déterminée de 36;' $ h 55' 11" par l’observariondes solstices, s’il n’avoit eu quelque autre raison pour la croire bonne. Nousavons été conduits à cette idée par un rapport assez singulier. Les Chaldéensavoient une année sidérale de 565) 6 h u'; nous avons vu qu’Aristarque lafaifoit de 365* 6 h io' 13 oiv 49"(d). Quand Hypparque eut découvert lemouvement des étoiles en longitude, ou la rétrogradation des points équi-noxiaux & solstitiaux , il vit qu’il falloir distinguer deux révolutions dusoleil , l’une à l’égard des étoiles , qui excede 365» 6 h , & qu’on peut ap-peler sidérale , l’autre à l’égard des équinoxes ou des solstices, qui est plus
(a) Ptolcmée , Almag. Lib. III, c. 1.
(b) lbid , Lib, III, c, 11.
(c) M. de Montu. Hist. des Mat. T. I, p. 171.
(d) Supra, p. §4S.