Nous avons remarqué que cette coudée ctant de 8 doigts, offre une ana-logie assez singulière avec la coudée de 31 doigts, qui étoit usitée en Perse,
8 c en Egypte ; elle en paroi t être le quart : ainsi, comme la coudée égyp-tienne ou persienne étoit de 10,544 pouces, nous supposerons celle desChinois de z , 136 pouces.
1°. Ee li de 1800 coudées résultera de 118,4 toises, 8 c le degré de 57071toises en contiendra 444 {, précisément comme Ta évalué M. d’Anville :ce qui nous semble une sorte preuve non seulement de l’analogie que noussupposons entre la coudée du Caire ou de Babylone 8 c l’ancienne coudéechinoise , mais encore de la valeur que nous attribuons ici à l’ancien lichinois. Un autre fait va nous fournir une probabilité de plus ; on citeune évaluation du schœne par Eratosthenes à 40 stades (a). Le schœne étoitde 60 stades, & la parasange de 30 ; il saut donc nécessairement supposerque si Eratosthenes a eu en vue le véritable grand schœne égyptien, les40 stades dont il le compostât , étoient équivalens aux Go que lui donneHérodote, 8 c conséquemment étoient à ceux-ci comme 3 à 2 3 le stade quien résulte, ne se retrouve ni dans la Grece ni en Perse ; mais ce qui est très-singulier, c est que fa valeur de 118 , 4 toists est précisément celle du li, leplus anciennement usité à la chine.
2 0 . Si l’on suppose que les Chinois ont par la fuite des tems aggrandi leurpied , en lui donnant 10 doigts, 8 c qu’ils l’ayent porté à 6 ,410 pouces ,le li fera de 160 , 5 toises 3 & de ce que 1 G lis valent la parasange , onconclut la parasange de 25 68 toises , précisément comme nous savons dé-terminée. Le P. Gaubil (è) dit que l’on mesura la longueur de sombre aitsostice d’été , à Loïang de 1 pied 5 pouces 8 lignes; 8 c à Nankin de 1 pied1 pouce 7 lignes : les Chinois estimèrent que le pouce répondoit à 250 lis;la distance des deux villes étoit donc de 1025 lis. Mais en calculant leshauteurs du soleil, on trouve la différence de latitude de 2 0 5 1' ; ce qu?fait, à raison de 57072 toises pour un degré , 16265 5 toises; 1025 lis de160, 5 toises feroient 164512 toises, ce qui n’est pas forr différent ; cetteestimation fut faite vers l’an 521 de notre ère.
3°. Si les Chinois avoient eu en vue , en établissant leur premier pied de8 doigts, de lui donner un rapport exact avec l’ancienne coudée , ils seseroit apperçu que leur pied de 10 doigts ne conse/voit pas ce rapport, ou--—-4---
(«) Mémoires de l’Académie des Instrip. (ó) Obstírvations faites aux Indes & à laT. XXVI, p. ^ x. Chine II, p. 54.