5*4 ÉCLAIRCISSEMENT
doigt (a) ; il en résulte donc que les seize pouces d u pied tartare valent les31 doigts de la grande coudée de Babylone. La ressemblance des mesureschinoises à cette coudée doit moins étonner quand on trouve cette coudéeétablie en Tartarie , dans un pays intermédiaire , avec lequel la Chine atoujours eu les plus grandes relations ; observons que la grande coudée deBabylone contenoit huit paulmes, chacune de quatre doigts ; le pied tar-tare , dont les doigts étoient doubles , n’en contenoit fans doute que quatre,L’ancienne coudée chinoise n’étoit que cette paulme valant quatre doigtstartare s , mais huit doigts babyloniens.
Une conformité singulière que nous ne devons pas oublier, c’est que lesChinois ont un arpent pour mesurer leurs terres , &c régler les taxes impé-riales , qui contient 100 pas quartés , chacun de 18 pieds (é). On volt toutde fuite l’analogie avec notre arpent, composé de cent perches quarrées,chacune de 18 pieds : notre perche même de 18 pieds paroît avoir été ori-ginairement formée de dix grandes coudées , qui faisoient 105,440 pouces,ou précisément 18 pieds grecs. Ouand notre pied aura changé , elle auraconservé sa valeur de 18 pieds, & aura ccé porté 1 zi 6 pouces par l’aug-mentation du pied.
§. X X.
Ce rapprochement de notre perche avec la coudée , semble indiquer uneancienne mesure de dix grandes coudées. Colins (c) cite deux mesures quiétoient en usage à Babylone , l’une qui étoit nommée la canne de 6 cou-dées , l’autre qui étoit nommée le schœne persien , de 60 coudées. Notreperche pouvoir donc être une mesure intermédiaire entre la canne Lc leschœne persien. 11 semble que nous en trouvions quelques traces dans un faitrapporté par Scaliger (d). Les très-anciens Egyptiens avoient, suivant lui ,une division de la circonférence du zodiaque en 7704000 stades, de chaquesigne en 64x000 , & du degré en 21400. II cite Julius Firmicus , qui diteffectivement (e) que chaque partie d’un signe a 21040 stades 3 mais Scaligerpense avec raison qu’il saur lire 21400. Nous serions assez portés à croireque ces stades prétendus ne font que quelques divisions du cercle , commeseroìent celles en dixiemes de secondes ; car la circonférence en contiendroit
(a) Supra , p. ;o8.
ib) Histoire géa. des voy. Tom. XXIII,
?■ 26;.
(f) Goliustfti Alfcrgan. p. 74.(d) Notes fur Manilius , p. 210.\e) Julius Firmicus, Lib. VIII.