;§8 ÊCLAIRCISSEMENS.
§. XXIII.
Aíbatrunius-abul-Rihan , l’an 993 , suivant M. Bernard, ou l’an1068 , selon Abulpharage (a), observa l’obliquité de l’écliptique de 13 0 ;avec un quart de cercle de 15 coudées de rayon. M. Bernard cite Gréaves ,d’après un manuscrit arabe d’Albatrunius. Abu-Mahmud-al-Chogandi, fousle califat de Phracrodaula, trouva , vers 992. l’obliquitc de l'écliptique de23° 31' 11", avec un sextant de 40 coudées de rayon , dont le limbe étoitdivisé en secondes. Cette derniere observation surtout est remarquable parla précision quelle semble comporter ; elle est exprimée en secondes, & iln’y a que celle-ci, §c celle de l’obliquité de l’écliptique par Ulug-Beg, dontnous parlerons bientôt, qui soient portées à cette précision. Cela s’accordeavec l’idée qu’on nous donne de l’instrument qui étoit, dit-on, divisé ensecondes. E11 partant des valeurs des trois coudées, qui étoient en usagechez les Arabes {b), le rayon du quart de cercle seroit de 19 pieds 3 pouces,de 2.1 pieds 8 pouces, ou de 25 pieds 8 pouces : quant au sextant de40 coudées, son rayon, en partant des mêmes valeurs de la coudée, devoirêtre de 51 pieds 6 pouces , de 57 pieds 9 pouces , ou de 58 pieds 6 pouces.Comme la coudée noire de 17 doigts est celle qui parole avoir cté leplus en usage chez les Arabes , celle qui du moins a servi pour la mesuredu degré , il est probable que c’est de cette coudée dont il est question*Alors cet instrument ayant 57 pieds 9 pouces de rayon, le degré auroicrépondu à une étendue de 12 pouces 1, 22 lignes, la minute à 2,42 lig.,les 10" à o, 40 lignes, & la seconde à o , 04 lignes. Remarquons qu’on nepeut pas supposer que cet instrument ait été un gnomon : il est bien qualifiéde sextant dont le limbe étoit divisé en secondes; & comme ^ de lignen’auroit pas été sensible , il faut croire qu’il étoit divisé par transver-sales. Quelque étonnante qu’ait été l’exécution d’un pareil instrument,comme nous voyons d’un côté le témoignage positif des Arabes , accom-pagné de la circonstance que le limbe étoit divisé en secondes , & que del’autre nous voyons une observation presque unique chez ces peuples, en cequ’elle paroi t faite avec la précision d’une seconde, il nous semble difficilede ne pas admettre la réalité de l’instrumenr. M. le Monnier est de ce sen-timent (c). Ajoutons que l’air simple dont les Arabes rapportent ces faits, est
(a) Trans. phil. N*. iíj.Abulpharage, p. 11 y.
(b) Supra Eclaire, p. 307 & fií.
(c) Mcm. Acad. des Sc. 1745 , p. 324.