DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 17
le séjour des glaces : la mer en est couverte la plus grandepartie de Tannée ; Sc lorsque Tété de ces climats brise ce folglacé, ou lorsque Thiver se prépare à le former, les montagnesde glace se dispersent ou se rassemblent, Sc semblables à desécueils flottans , menacent les vaisseaux qui osent tenter lepassage. Si le passage existe, il est donc un intervalle de temsqu’il ne faut ni prévenir, ni manquer. Barentz, íurpris par lamauvaise saison , fur enveloppé de toutes parts , la mer seferma autour de ion vaisseau , Sc le livra, ainsi que íes com-pagnons d’infortune , à toutes les rigueurs du froid. Ils étoientprès de la nouvelle Zemble , isse située vers j 6 ° de latitude ;c’est là qu’ils passeront quelques mois avec les ressources ducourage Sc de Tindustrie, au milieu d’une atmosphère glacée,s’enterrant pour moins sentir sa rigueur, craignant chaque jourde périr par le froid ou par la famine , Sc obligés de défendreleur vie contre des ours encore plus affamés qu’eux. Ils sem-blent avoir échappé à ces dangers pour nous instruire d’unphénomène astronomique. Le 3 Novembre ils virent pour laderniere fois le soleil. Cet astre, qui est Timage de la vie , quidonne au moins Tefpérance de la chaleur, les laissa fans conso-lation dans une nuit entiere, ou du moins dans la foibîe lueurdes crépuscules, réfléchie fur la neige, Sc peut-être plus tristeencore que la nuit profonde. Cependant le soleil auroit dû lesabandonner plutôt fans la réfraction : à 76° de latitude Téqua-teur est élevé fur Thorizon de 1 4 0 , le soleil doit disparoîtrelorfqu’il descend à cet abaissement au - dessous de Téquateur.Mais le 3 Novembre il se montroit encore un instant, quoiqu’il'fût abaissé de i 5° 7 : la réfraction Télevoit donc de i°r; Scquand même les malheureux voyageurs se seroient trompésfur Testimation de la latitude d’un lieu oh ils attendoient lamort, ayant perdu le soleil quarante-huit jours avant le solstice,Tome II, C