60 HISTOIRE
droite. La faculté de ces rapprochemens manqua tout-à-faít àKépler, les principes de Tartalea Lc de Fracastor étoient appa-remment trop nouveaux. II semble que les idées ayent commenous une enfance Sc un premier état de foiblesse ; elles neproduisent point à leur naissance, Sc elles ne tiennent que del’âge Sc du te ms leur vertu féconde. Képler vit une feule actiondans la translation des planètes. L’efprit philosophique, qui leportoit à tout simplifier , lui fit regarder le soleil comme lasource unique du mouvement. Alors il fe demanda commentla vertu motrice de cet astre, agissant en ligne droite , faifoitcependant tourner Sc circuler les planètes. La question étoicembarrassante, il jeta les yeux fur la terre qui fe meut circu-lairement fur son axe, entraînant ensemble toutes les Partiesde fa masse, les corps placés à fa superficie, le fluide de l'airqui les baigne, portant cette puissance jufqu’aux limites del’atmofphere, Sc la réponse de Képler fut de déviner la rota-tion du soleil. Il conçut que le soleil devoit tourner sans cesselur lui-même. L'influence qu’il répand dans l’univers conservecette gyration , Sc. la communique aux planètes. Les émanationsde cette vertu font considérées comme des rayons , commedes leviers infiniment étendus , mais toujours attachés à leurcentre , autour duquel ils font leur «évolution , en poussin tdevant eux les corps qu’ils rencontrent. C’étoit cependant en1609, avant l’invention des lunetes, que Képler, par la vuede l’efprit , appercevoit la rotation du soleil. II conclut dumouvement des planètes que cette rotation devoit fe faire dansle sens du zodiaque ; c’étoit encore une vérité que lui revéloitson génie. Mais s’il fut assez heureux pour prévenir ces décou-vertes , il ne réussit pas si bien à deviner le tems que le soleilemploie à tourner fur lui - même. II déduisit d’une certaineproportion imaginaire que ce tems ne devoit être que d’environ