DE L’ASTRONOMIE MODERNE, ioi
oeil ; c'est avec ces deux rayons que je saisis l’objec, & c’estpar leur écartement que j’estime la grandeur. Le verre convexequi augmente la convergence , doit donc nécessairement ag-grandir l’objet. L’image formée au foyer de l’objectif est déjàplus grande que celle qui eût été formée dans l'œil nu. Maisce n’est pas tout ; Képler , en appliquant fur cette image unnouveau verre convexe, nous a rendus les maîtres d’augmenterpresque à volonté cette convergence , ôc de grossir considéra-blement les objets. Le télescope doit donc être considéré commeun véritable microscope. Le premier verre , l’objectif, voussoumet une image de l’objet éloigné , Le vous y portez laloupe, qui a le pouvoir de l’amplisier ; vous considérez doncJupiter , qui est à cent cinquante millions de lieues de vous ,qui est mille fois plus gros que notre terre, de la même ma-niéré que vous observez le ciron, qui échappe à la vue parfa petitesse, comme le vaste globe par fa distance. L’hommeles soumet également à son pouvoir , ils font tous deux vusau microscope : s’il osa fe faire le centre des choses , la naturele justifie ; elle l'a placé comme un milieu entre la petitesse& la grandeur , elle le suspend entre deux infinis dont il estenveloppé.
tz. X V.
KÉpler, en inventant cette construction , ne 1 exécutapas, & n en fit point usage. Les hommes, toujours indolenspour les découvertes d’autrui , toujours paresseux pour em-ployer ce qu’ils n’ont point inventé , ont été long-tems fanss'en servir ; cette invention est restée enfouie pendant trenteans dans l’optique de Képler , il a fallu quelle fût renouveléepar le P. de Rheita ; c’est lui qui en a fait jouir le mondesavant, Sc l’idée de Képler étoit fi inconnue , que le P. de