DE L’ASTRONOMIE MODERNE. j 57
tous deux, victimes des querelles du pouvoir 6c de la liberté,6c moissonnés dans leur Heur par les guerres civiles , qui sontle Héau des arts 6c des sciences, comme de l’humanité.
§. X I I I.
Nous devons citer encore en Angleterre Wilkins {a ), qui.en 166 o détendit le système de Copernic, Jean Newton, quidressa des Tables sondées fur le mouvement de la terre. Les temsapprochent , oìi les partisans de cette opinion feront en astergrand nombre pour que nous ne citions plus que leurs adver-saires. Après avoir suivi les progrès lents, mais surs, de lavérité, il fera bon de voir comment 6c combien de tems Terreur6c Tignorance se défendent. Shakerlœus se rendit alors célébrépar une entreprise extraordinaire 6c courageuse. II est peut-être le premier des modernes, qui ait entrepris un long voyagepour Tavantage des sciences. Instruit des principes de Tastro-nomie, il avoit trouvé par un calcul fait avec un grand soin,que Aíercure devoit passer fur le Soleil le 3 Novembre 1651 ,Mais ce spectacle , qui devoit arriver pendant la nuit 6c lesommeil de TEurope, étoit réservé pour T Asie. Shakerlœus ,enflammé par le désir de le voir, ne craignit point de traverserles mers; il se rendit exprès à Surate, 6c fut récompensé parla sérénité du ciel, qui lui laissa la satisfaction de faire Tob-servation qu’il avoit prévue. Ainsi la cupidité des richesses n'estpas la feule passion , qui faste affronter les dangers de Tonde6c des nouveaux climats. L’acquisition des vérités, le gain dessciences a donc auísi son appât, ses prosélytes 6c ses martyrs.Shakerlœus laissa la vie dans la Perse; heureusement qu’avant
(a) Jean W'ilkins né en 1*14, mort en1671.
Jean Newton né en 1611, morren 1Í71.Veeidiet , p, 498 & 50}.