DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 159
anciennes idées , Sc un dernier effort pour les conserver. Ce-pendant il connoiffoit assez les découvertes de Képler pouravoir reconnu le premier que les satellites de Jupiter obser-voient sa loi nouvelle , que les tems périodiques font commela racine quarrée du cube des diamètres des orbites. Képlerne put faire lui-même cette application ; de son tems les révo-lutions des satellites n’étoient pas affez bien connues. Ce futPeiresc, qui le premier fit connoîrre à peu près ces révolutions.II faut observer que la loi de Képler n’a lieu que pour les corpsqui circulent autour du même centre. La lune ne peut se com-parer à cet égard aux autres planètes ; les satellites de Jupiterne peuvent se comparer qu’entr’eux. Vendelinus ayant faitcette comparaison , trouva que la racine quarrée du cube desdiamètres de leurs orbes , ou la racine quarrée du cube deleur distance à Jupiter , étoit précisément comme le tems deleur révolution autour de lui (a). C’étoit une grande confir-mation de la vérité établie par Képler. Quoiqu’elle eût pourpreuves les six planètes , qui enveloppent le soleil par leurscours , la maniéré de Rétablir pouvoit laiffer quelque doute.Les philosophes seuls auroient senti que cette conformité derapports dans lix différons orbes n’étoit point l’esiét du hasard,mais la fuite d’un dessein Sc d’une réglé, qui ont conduit legrand ouvrage de l’univers. Tous les hommes , pour qui lehasard est quelque chose , ne voyent pas comme les philo-sophes. On auroit pu dire à Képler, vous avez effayé une infinitéde rapports , vous en avez trouvé un , qui peut Rappliquer àces six corps , mais s’il y en avoit davantage , votre régléseroit en défaut. Galilée a augmenté le nombre des corpscélestes pour glorifier Képler. Il n’y a point ici de hasard à
(a) Riccioli, Almag. Tom. I, p.