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Tome second.
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ï 7 8 HISTOIRE

ê5 le jugement dans leurs opérations, une méthode qui épargneles écarts & les pas inutiles- Cette méthode est: celle que Des-cartes a apperçue, & qu’il a proposée. Le joug de l’antiquités’étoit appesanti jusqu'à son tems. Descartes fut indigné de voirque le monde étoit esclave; íl étoit entouré d’erreurs respectées,un jargon absurde fatiguoic ses oreilles. Dans cette foule deconnoislsances incertaines , où les vérités étoient confondues&. cachées , le doute étoit partout également nécessaire, il n’yavoit point de raison de choix : un examen général devoirprécéder les choix particuliers. II vit que pour savoir quelquechose, il falloit commencer par oublier, &. il détruisit tout pourtout reconstruire. Cet acte de courage nous donna une grandeleçon ; il nous apprit à connoître nos forces &c à nous en servir.En faisant le dénombrement de nos connoissances, en les sou-mettant à une inspection attentive, la raison fut établie sou-veraine maîtresse pour choisir les vérités par le caractère del’évidence. Cet usage de la raison est la date de la renais-sance de la philosophie , l’époque de nos progrès rapides pardes eftorts mieux dirigés ; c’est l'ouvrage & le bienfait deDescartes.

§. I I.

Ce Descartes, qui nous apprit à penser, qui ne vouloiradmettre que des vérités reconnues & enchaînées par l’évi-dence , est cependant un des philosophes qui a le plus produitd’erreurs , & d’erreurs long-tems accréditées, long-tems dé-fendues par l’ascendant qu’il eut sur les esprits. Bacon avoitdéjà paru en Angleterre, Bacon, philosophe comme Descartes,fait comme lui pour répandre une lumière nouvelle, jamaisdeux hommes, également conduits par le génie , n’ont prisdes routes plus différentes. Descartes voulut descendre d'un