DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 1S3
observé, il descende par des conséquences bien liées à la raisondes autres faits observés, pourvu qu’il soit toujours clair. Maiss’il trouve dans fa route , en descendant, des choses inexpli-cables, il a manqué son objet; ôc s’il ose les admettre sans lesconcevoir, il est inconséquent. Ces erreurs ont cependantproduit une découverte ; il faut pardonner à Descartes , il aap^erçu la force centrifuge (u).
§. Y I.
On pense que les anciens ont pu connoître cette force.Anaxagore disoit en effet que la voûte céleste étoit composéede grosses pierres que la rapidité du mouvement circulairetenoit éloignées du centre, & qui y tomberoient fans ce mou-vement {b). On trouve encore chez les anciens d’autres passagesdont on pourroit tirer la même conclusion (c). Mais , confor-mément au principe que nous avons établi dans cet ouvrage ,nous ne croirons point que des gens , qui ne voyoient le cielque comme une voûte de pierre, aient jamais pénétré la naturedu mouvement. Si les Grecs avoient eu ces idées, elles seroientempruntées , elles seroient les restes de la destruction d’unancien système physique. Mais dans l’Asie , où tout a étéproduit, on ne trouve aucune trace ni de la notion des forces,ni des loix du mouvement ; & à l’égard de la connoissancequ’on en attribue aux Grecs , connoissance obscure èc incer-taine , renfermée dans des expressions vagues , nous obser-verons qu’il y a une grande différence entre les vérités de faitòc les idées des ressorts de la nature, entre les mesures astrono-
(a) Principes de la philosophie, part. III,art. 3 8 , ío.
(A) Hist. Astron. anc. p. zoj.
(t) Plut. insac. in orb. iun*.
Voye y ler passages recueillis par M. òrTems, dans l'ouvrage intitulé Heçhtnktssur Its découvertes des anciens, Toro, II,
p. IJO.