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Tome second.
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DE L’ASTRONOMIE MODERNE.

entiere, que le mystère rendoit souvent inaccessible, & seuldans la société, même par la taciturnité. L’habitude de la mé-ditation , ce penchant à la rêverie , qui n’est qu’une maniéréd’isoler l’ame de toute impression physique, l'on r accoutumé àse séparer des humains. II revenoit aux hommes pour exposerses idées ; il souffroit volontiers, il cherchoit même les objec-tions ; mais pour fortifier les parties foibles de ses opinions ,ôc non pour amalgamer celles des autres avec les siennes. Venudans un siecle où les sciences étoient peu avancées , il se per-suada trop qu’on n’avoit encore rien découvert ; entouré d’unephilosophie ridicule , il crut qu’il falloit tout détruire avecelle. Dans un siecle où on cherchoit, où on commençoit àvoir, il vit mal la nature , parce qu’il voulut la voir seul,parce qu’il voulut la voir toute entiere. II ne négligea cependantpas les expériences ; il élevoit des plantes pour les étudier, ildisséquoit dè§ aiiíinauX pôiir approfondir leur eílence. Def-cartes ne se proposoit pas moins que d’aslocier les mathéma-tiques à la médecine. L’étude des sciences , la philosophie,ne trouvoient grâce devant lui que par leur utilité. L’hommen’a qu’un petit tems fur la terre , il y vit peu , il y languitsouvent par la maladie ; quel but plus digne de ses efforts quecelui de prolonger ce tems, & d’en assurer la jouissance par lasanté. Les desseins de Deícartes échouèrent par leur grandeur ;l’idée magnifique de l’union des sciences encore peu connues ,cette idée, trop tôt conçue le perdit : il nc vit dans tous lesmouvemens que des tourbillons, qui s’écroulerent bientôt parles travaux de ses successeurs, comme la philosophie d’Aristoteécroulée par ses mains. II ne vit dans les animaux , doués detant d’instincts, pourvus de tant d’organes, que des machines ■mécaniques, comme ses tourbillons. Ses connoissances en mé-decine lui furent nuisibles à lui-même, au lieu de lui être utiles ;Tome II. C c