DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 103
C’est avec cette adresse que Descartes propssoit la vérité ; ilvouloir réformer les idées , fans avoir a combattre l’orgueil.La raison n’a d’empire que lorfqu’elle est universellement re-connue, elle ne peut monter fur son trône qae par la douceur.II est peu sage d’annoncer qu’on vient faire oualier aux hommestout ce qu’ils ont appris, tout ce qui fonde lear amour propre;c’est leur ôter leur existence d’hommes, 8c presque les réduireà la classe de l’enfance. Les esprits fe révoltent , les persécu-tions éclatent, l’entreprife est au moins manquée ; le mondereste encore un tems comme il est, ÔC l’on a perdu íes effortspour la gloire ôc pour la vérité.
tz. XIX.
Aussi Descartes a-t-il joui de fa réputation pendant fa vie ;ses opinions fe répandirent fous ses yeux ; elles furent atta-quées , mais elles furent défendues , on les professa publi-quement dans les chaires, & il vit commencer son empire,qui a duré près d’un fiecle. S’il ne vécut point dans son pays,ce n’est pas qu’on ait manqué de lui rendre justice ; il eutdes pensions, le cardinal de Richelieu lui offrit au nom duRoi des emplois importans (u) ; mais il craignit l’efclavagedes honneurs des dignités. Accoutumé à vivre seul, à nedépendre que de fes goûts, ii craignit la gêne des bienséances& des devoirs ; & fur-tout la comparaison du génie avec lafortune, où le génie íe compromet toujours. II ne voulut pointquitter fa retraite , où il étoit un grand homme , pour la Couroù il eût été un homme ordinaire. Cependant il eut des disciplesillustres ; c’est lui qui dirigea les études , qui cultiva l’efpritd’Elifabeth, Princesse Palatine. Christine , encore fur le trône
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(a) Yie de Descartes, p, 107, r-7.