HISTOIRE
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de Suede, voulut l’entendre ; il en coûta cher au philosophepour le sacrifice d’un moment de sa liberté ; ce qu’il avoitcraint lui tut en effet fatal. A la Cour les affaires doiventtout ordonner ; l’heure des entretiens fut réglé fur les devoirsde Christine plutôt que fur le régime de Descartes ; il n’osapoint dire qu’il étoit né d’une complexion foible , rendue plusdélicate encore par l’habitude de méditer le matin dans son lit:il en sortoit, il se rendoit au palais tous les jours à cinq heures,malgré la rigueur de la saison Sc du climat; une fluxion dépoitrine finit ses jours 8c ses travaux le 11 Février 1650. LaReine, cause innocente de sa mort, pleura son illustre maîtres),6c le regretta comme une femme forte qui estimoit la philo-sophie , Sc qui devoit abdiquer un trône pour elle. En France,où le corps a été transporté , l’amitié a placé le buste de Des-cartes fur son tombeau , avec une inscription (b). Le Roi Sc sonMinistre éclairé (c) viennent de lui ériger une statue. Christinevouloir élever un magnifique monument qui rendît son estimeéternelle, son abdication ne le lui permit pas. Un de fes íuc-ceffeurs remplie ses vues, Gustave III, aujourd’hui régnant,digne de ce nom déjà deux fois célébré , fait construire unmausolée à Descartes dans la Suede, où fes cendres ne fontplus. Mais fa mémoire y subsiste , Sc le souverain prouve parces honneurs que les grands hommes appartiennent à tous lespays , 6c sur-tout aux princes qui savent les estimer.
§. X X.
Si le tems a ôté beaucoup de choses à Descartes, si nousosons dire qu’il n’auroit pas dû inventer fes tourbillons dans
(a) Vie Je Descartes, p. i. fe fît enterrer à Ste. Geneviève., ibid. p. j }4.
(A) M. Dalibert, trésorier de France , fit (c) M. le comte d’Angiviller , Directeurrapporter 1 e corps à fes frais, en 1666 , St général des bâtinaens.