15 S HISTOIRE
Un observateur qui a l’œil dans une lunette, est seul avec sonobjet : ici exposé à l’air libre , le ciel entier étoit devant feryeux ; la foible lumière des astres, répandue dans l'atmofphere»nuisoit à la vison; l’attention pour ne pas perdre l’astre devue , pour le retrouver quand on l’avoit perdu, les attitudesgênantes, dévoient fatiguer extrêmement les observateurs ; ilfalloit voir vite, parce que l’astre passe rapidement dans unelunette qui grossit beaucoup. C’est cependant en surmontanttoutes ces difficultés, qu’ont été faites les découvertes que nousdécrirons dans les livres suivans ; elles n’ont point rebuté deshommes enflammés du désir de connoître , 2e ce courage ,cette obstination louable n’est pas une petite partie de leurgloire.
§. VIII.
L’art de mesurer le tems avança & se perfectionna touc àcoup par une invention mémorable. Huygens avoit trouvé tropde secours & de moyens dans des télescopes mieux travaillés ,& plus forts , pour ne pas chercher des secours semblables dansla perfection des autres instrumens. II médita fur les horloges,& il regretta fans doute que l'usage de cette belle machine fûtsi borné par son inexactitude ; il se rappela que Galilée avoiremployé le pendule à la mesure du tems, mais le pendule neservoit alors que pour de petits intervalles. En peu de tems lenombre des vibrations est considérable, il est difficile de lescompter; d’ailleurs l’air résiste au mouvement des corps, lependule , mis en mouvement, diminue peu à peu ses vibra-tions , Lc finit par s’arrêter : voilà les difficultés. Huygens heu-reusement ne désespéra pas de son génie ; il pensa que pourcompter les vibrations , il suffi soi t d’adapter au pendule unrouage qui portât des aiguilles, ôc qui marquât fur un cadran