DE GASTRONOMIE MODERNE. 5 u
que la queue des comètes. On a dû comparer ces phénomènes,on a du les croire de la même efpece ; on a donné feulementplus de coníìstance au corps de la comete, pour expliquer uneplus longue durée: une matière plus serrée, plus compacte ,réíìstoit plus long-tems à fa diílolution. Si les hommes ont étédétrompés , ils n’ont pu l’être que par les observations , cefont les observations répétées, rapprochées les unes des autres,qui nous apprennent que ce qui paroît le plus lìmpie à l'efprit,n’est pas toujours le plus vrai Sc le plus naturel. Mais jugeonsles te m s parles faits. Lorsque Dominique Caíîìni parut, ì’astro-nomie avoir déjà acquis quelque étendue Sc quelque hauteur;Regiomontanus , Tycho , Képler , Hévélius avoient éclairél’Europe , Sc avoient particulièrement observé les comètes ,cependant l’opinion générale étoit encore pour la naifiancefortuite de ces astres passagers ; la jeunesse de Caíîìni y futd’abord entraînée. On lifoit Seneque , on connoissoit l’idéed’Apollonius Mindien Sc des Chaldéens fur la permanence Scles retours des comètes ; on n’avoit pas besoin d’inventercette idée, il fuffifoit de s’élever jusqu à elle, 6e de la juger.Mais l’efprit humain a eu besoin de vingt-quatre íìecles pourcette opération fi facile en apparence; il a fallu des instrumensperfectionnés, des observations exactes , Sc le génie de Caíîìni.Les Chaldéens n’ont donc pu concevoir cette opinion philo-sophique Sc vraie que par les mêmes motifs , qu’avec debonnes observations Sc du génie. Mais il est plus que douteuxqu’ils aient eu du génie, Sc il est certain que les observationsn’existoient pas. D y p parque Sc Ptolémée les auroient connues,citées ; ils n ont pas plus fait de cas de l’idée du retour descomètes que du système du mouvement de la terre ; l’un Scl’autre étoient dénués de faits, ces astronomes les ont regardéscomme des erreurs populaires, ils n’ont pas même daigné