DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 333
C’est ici une grande difficulté de la théorie des satellites, Scloin de s’en plaindre , il faut s’étonner que des choses íì éloi-gnées n’en ayent pas davantage. La variation des éclipses estun elfe t de deux causes compliquées, l’inclinaison Sc la distanceau nœud : quand on veut déterminer l’une , il est nécessairede supposer l’autre ; il faut chercher les circonstances où unecause a plus d’esset, Sc l’autre moins. Mais ces circonstancesfont difficiles à saisir, Jupiter ne les ramene que tous les sixou douze ans. Plus de la moitié des éclipses arrive pendant lejour, Sc le ciel des nuits est souvent chargé de nuées qui fontle désespoir des astronomes. II ne faut qu’un instant de brume,un nuage leger placé par le hasard sur l’objet qu’on observe ,pour faire manquer un résultat attendu depuis plusieurs années.
§. XIX.
D’ailleurs les quatre satellites n’ossrent pas tous lesmêmes facilités. L’ombre de Jupiter, projetée derriere lui , estétendue dans la direction du Soleil à Jupiter ; lorsque la Terreest entre ces deux astres, elle ne peut appercevoir le lieu decette ombre, elle n’y voit point entrer, elle n’en voit pointsortir les satellites : il faut qu’elle s’écarte de la ligne menée d uSoleil à la planète; alors voyant Jupiter de côté, elle peutprolonger fa vue derriere lui, Sc observer ce qui s’y passe. Maisla grosseur du globe de Jupiter, placé au milieu de sombre ,en cache toujours une partie ; le premier satellite, qui a le pluspetit cercle , passe dans sombre si près de la planète , quel’on ne peut, dans une même éclipse , saisir sinstant de sonentrée Sc celui de sa sortie ; on ne voit que sune des deux: onn’a donc jamais directement la durée des éclipses ; il faut aucontraire la déduire de la largeur calculée de l’ombre. Onconçoit que sombre d’un corps dépend de la grandeur de ce