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Tome second.
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DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 355

quatre-vingt ans écoulés, malgré les progrès nouveaux, lesdimensions de ce lieu profané étoient encore importantes; &Cle voyage de Picard étoit un hommage rendu à Tycho. Picardretrouva dans les fondemens d’Uranibourg toutes les dimensionsde l’édifice, conservées dans les ouvrages de ce grand astronome.II y observa la hauteur du pôle, il détermina la différence des mé-ridiens avec Paris ; òí ayant tracé la méridienne exacte du lieu, ils’apperçut que celle de Tycho étoit en erreur de 18 minutes.Cette erreur naiffoit assez naturellement de l’imperfection &c dela différence des instrumens ; les instrumens de Picard avoientsurceux de Tycho l’avantage des lunettes : d’ailleurs Tycho avoitpeut-être négligé quelques précautions nécessaires à une déter-mination si importante. Jadis la philosophie plus hardie auroitpris cette erreur pour un changement des choses du ciel, unephilosophie plus sage commençoit à éclairer les hommes ; ils’cn fallut peu qu’on n'accusât les corps célestes d’inconstance,on soupçonna que la ligne méridienne pouvoit n’être pas sixe.Mais jadis on eíìt prononcé, Lc à l’époque où nous sommes,ón douta (a). Picard revint à Paris chargé de ces connoissancesutiles ; ce ne fut pas le seul fruit de son voyage, il rapporta lemanuscrit original des observations de Tycho, manuscrit plusétendu Sc plus complet que celui qui avoit été imprimé récem-ment par Albert Curtius : il mérita encore des sciences & de fapatrie, en ramenant avec lui Roemer (b) , jeune Danois, destinéà s’illustrer par une grande découverte.

§. X I.

Cependant l'Académie regardoit avec raison sa mesure dela terre comme une opération très-importante ; on la croyoit

(a) Mém. Acad. Scien. Tom. I, p. -7.

(b) Ibid, p. -z.