DE L’A S T R O N O M I E MODERNE. 413
moment de fa naissance. La lumière se meut donc avec unevitesse presque incroyable, mais sensible! On peut observer quelpenchant nous porte à rejeter, à fuir long-tems les notions lesplus simples Le les plus naturelles : la lumière frappe notre organe,nous sentons son impression; elle agit sur nous comme l’airqui nous entoure ; c’est un fluide qui le répand, qui nous presse,la lumière est donc un corps. La lumière a Ion foyer, fa sourcedans un astre, la sensation qu’elle excite est en nous, un inter-valle immense sépare l'esset Le sa cause ; rien n’est plus simpleque de su,ppc>íer un tems Le une vitesse pour cet espace. Maisc’est la puissance de la nature qui nous confond ; nés pour lesexcès, nous savons fait d’abord trop petite, nous la faisonsquelquefois trop grande ; l’enthousiasme de sadmiration neconnoit ni bornes, ni mesures Lorsque Copernic nous a ouvertles espaces de l’univers , cette extension de sétendue a effrayéles esprits, l’univers a paru trop vaste pour la pensée! MaisJorsqu’on s’est familiarisé avec cette opinion aussi vraie quehardie , lorsqu’on a eu des notions justes de la distance desplanètes, de leurs volumes Le de leurs masses pesantes, l'ima-gination s’est plu dans cette grandeur ; elle a vu la natureremuer facilement, fans interruption, ces fardeaux , les trans-porter au loin avec une grande vitesse , un respect exagéré aforgé des miracles pour les croire : on a dit , la lumière naîtLc la lumière arrive dans un instant insensible à l’extrémité del’espace. Mais ces inconséquences font sondées fur une absur-dité ; on n’osoit croire alors que les rayons de lumière fussentdes corps. Newton , qui évitoit la rencontre des opinions , enmarchant la vérité à la main, ne prononce point si la lumièreest une matière , si ses rayons font corporels. Les préjugésne se retirent que comme les ombres , successivement Lc pardegrés ; les astres conservoient encore de leur ancienne divi-