580 HISTOIRE
quelques disciples soient montés près de lui pour prendre sesenfeignemens, pour développer ses principes Sc ses démonstra-tions. Certaines vérités ont besoin d’être répétées ; les con-noiíTances descendent, ou plutôt les esprits s’élevent : il estpour eux une espece de niveau , comme pour les eaux ; maisce niveau de connoistances ne s’érablit qu’avec une lenteurextrême. Depuis un siecle I'astronomie avoir fait de grandsprogrès par les travaux de Tycho, de Képler, de Galilée, deBouillaud, d’Hévélius Sc de D. Caísini. Les causes du mou-vement, le mécanisme de l’univers étoient restés long-temsinconnus ; Newton parut , il fit un pas de géant, Sc tout-à-coup la connoistance des causes fut plus avancée que celle desfaits. II falloir donc multiplier les observations Sc amasser desfaits : il falloir fe mettre en état de construire dés Tables desmouvemens célestes, qui fuílbnt aussi exactes que les détermi-nations de Newton ; car si son système est la nature , on nedoit le comparer qu’à une nature bien connue. Les Tables Ru-dolphines de Képler vieillistoient, elles s’écartoient du ciel (a) ;le tems montroit leurs défauts , Sc la précision des nouveauxinstrumens permettoit d’examiner le ciel de plus près. LesTables Carolines de Street , construites avant l’invention deces instrumens, ne pouvoient avoir ni plus d’exactitude, niplus de durée ; il falloir donc s’occuper d’une réforme devenuenécessaire. Ce fut l’objet des travaux de Flamsteed Sc de Halleyen Angleterre , Sc en France de D. Caísini, aidé de JacquesCaísini son fils, de Maraldi son neveu , Sc de la Hire , quimarchoient fur ses pas , enflammés par son exemple , Sc guidéspar ses instructions.
(«) Mdm, Acad, Scicn. Tom. X, p. 14t.