HISTOIRE
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on pouiToit même dire des observateurs, car le jeune prince endétermina quelques phases (a). On remarqua que la section desombre, ou de la lumière sur le diíque du soleil n’étoit pasrégulièrement terminée en cercle; on y voyoit des pointes sail-lantes & obscures : ces pointes étoient les montagnes de lalune , lesquelles font quelquefois détachées de la lune éclairée,ôc se montrent comme dos points lumineux dans la partie obs-cure; on les voyoit encore.ici détachées, mais par leur obscurité (b).Ainsi l’existence de ces montagnes est confirmée par ces deuxapparences différentes. Cette éclipse fut à Paris d’environ onzedoigts : il ne resta que la douzième partie du diamètre du soleil ;cependant au fort de l’éclipse on voyoit encore très clair ; ilsembloit seulement que le ciel sût couvert à l’horizon, quoiqu’ilfût partout également serein (c).
L’éclipse fut totale dans le midi de la France ; l’air s’y obs-curcit , on quitta le travail , on alluma les chandelles ; lepeuple répandu dans les rues fit des exclamations 5c donnades marques d’épouvante. 11 s’est familiarisé avec les éclipsespartielles qui ne l’effrayent plus , mais il n’est point accoutuméaux éclipses totales que ses peres , que pîufieurs générationssuccessives n’ont point vues. La nuit, surtout une nuit extra-ordinaire, ôc presque inattendue, porte toujours une impressionde terreur dans les esprits foibles : ces ténèbres d’ailleurs fontétrangères ; elles ne ressemblent ni à la nuit, ni aux crépus-cules. Les animaux mêmes íe ressentirent de cette éclipse ;les oiseaux nocturnes parurent, appelés par l’obscurité , & les
(a) Hist. Acad. des Scien. 1706 , p. 16 f& 176.
(b) Ibid. p. 171 , Veidlcr dans l’éclipscde soleil da 15 Mai 175} , observa que lavallée entre deux montagnes du bord de lalune pouvoit avoir uue profoudeur , qui
étoit la deux-centieme partie du rayon dela lune; c’est environ deux de nos lieues.Nous n avons pas de montagne si hautefur la terre ( Transac. pk.il. année 1754,
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(<-) Mím. Acad. Scien, 1706, p. 17 6.
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