DE L’ÁSTRO N OM I E MODERNE. 6 31
Mais la Hire eut trop de confiance dans ses propres forces& dans 1 observation, il eut tort de se défier de la théorie. Lesloix de Képler, les vérités de Newton étoient des résultats del’observation ; ce sont encore des vérités. La Hire, en s’en tenantuniquement à ce qu’il voyoit des apparences des choses , ne lespénétra point; il n’a fait dans ses Tables aucun pas vers uneexactitude nouvelle ; il réemploya pour la lune que les quatreéquations connues avant lui. Toutes ses déterminations n’eurenten naissant que l’avantage d’être venues plus tard que les autres y& de donner des moyens mouvemens & des inégalités, connus& vérifiés par un plus long tems. Inobservation est sans doutele guide le plus sûr, mais c’est lorsqu’elle est éclairée elle mêmepar la raison ; sans certe précaution, nous avons dit que leserreurs de l’obíervation peuvent être prises pour des exceptionsaux loix générales ; en voici un exemple sensible. C’est unevérité de sait que la ligne des nœuds des planètes doit passerpar le soleil; cet astre les voit chacune selever au-dessus duplan de notre écliptique , autant qu elles s abaissent au-dessous.La Hire admit le fait pour toutes les planètes, excepté pourSaturne. M. de la Caille l'a remarqué ; une pareille bizarrerie nepeut avoir été suggérée à la Hire que par quelque erreur de Inob-servation , il s’est égaré pour lui avoir été trop fidele. La raisondevoir cependant lui dire qu’il saut qu’une exception ait étéconstatée bien des fois pour infirmer une loi générale. Képleravoir mieux vu ; il établit d’abord que le soleil étoit le centrede tout, cet astre est dans le plan de tous les orbes, la lignedes nœuds, celle des absides, tout passe par son centre, touttourne autour de lui, comme les corps célestes. La Hire estun des excelleras observateurs que la France ait eus ; noas
<>-) Tables de la Hire, 176a, p. 45.
{/>) Hist. de l’Acad. Scien. 274*, p-