DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 645
être enfermés dans cette zone étroite ; on peut les comparerà une meule qui a beaucoup de circonférence Lc de diamètre,& peu d’épaisseur. Les comètes n’entrent point dans les tour-billons ; elles ne peuvent approcher de la terre dans le sensdu diamètre de la meule, mais elles s’en approchent beaucoup* dans le sens de ion épaisseur. Avec ces suppositions forcées quiannonçoient la ruine des opinions de Defcartes, M. de Mairanexpliquoit tout ; il regardoic les comètes comme des planètesqui appartiennent à un autre système , & circulent autourd’un autre soleil. M. de Fontenelle applaudit à cette idée. IIsemble , dit-il, que de leur donner a toutes le soleil pour centre ,ou pour foyer de leurs mouvemens , ce soit un reste du penchantnaturel qu*on a au système Ptolémàique 3 qui nous met au centrede tout , ce seroit seulement substituer le soleil a notre terre (a),M. de Fontenelle doutoit de l’empire du soleil : Képler lavoircependant soupçonné cent ans auparavant; Newton venoitde le-démontrer. Nous avons eu raison de dire que ce n'est pas avecl’esprit philosophique seul qu’on saisit les vérités élevées ; ilfaut, pour les atteindre, une portion du génie qui sert à lesdécouvrir.
§. v l
Tandis qffibn flottoît ainsi d’opinions en opinions fur lescomètes , leur véritable théorie étoit bien connue & établiedans l’Angleterre si voisine de nous. Defcartes, qui fut utile àl’Europe en ruinant les anciens préjugés , nuisit ensuite à laphysique par les préjugés nouveaux qu’il leur substitua. Cespréjugés des hommes Lc des. nations font des obstacles plusgrands , des barrières plus difficiles à surmonter que l’intervalle
(c) Menu de l’Ac» des ScieH.année 1715 , p. 17 j j Bist, p,