DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 667
objections à ce raisonnement; Tune, que si le nombre desétoiles est infini, la superficie entiere de leur sphère apparentedevroit être lumineuíe, puisque ces points, infinis en nom-bre , égaleroient les points de cette superficie. Mai on peutrépondre que les étoiles de la septieme , huitième ou neuviemegrandeurs, nommées télescopiques, parce que ces differensordres ne font vus qu’avec des télescopes aster forts, fontcependant aster éloignées entr’elles. Les étoiles ne peuventêtre serrées au point de former une surface continue, qu’à unedistance si énorme que leur lumière astoiblie , entièrementéteinte, 11’a plus d’action sensible sur notre organe. Mais laseconde objection est la plus forte. Halley l’a bien senti ; c’estla difficulté de concevoir ces étoiles, infinies en nombre &semées dans un espace sans bornes (a). Envain Halley comparecette idée à celle de l’éternité composée de milliers de siécles,ajoutés les uns aux autres comme des unités. C’est expliquerune difficulté par une difficulté égale. L’éternité ne peut êtreconnue que par Dieu qui l’embraste, &C qui la mesure par sonexistence. L’homme , fixé à un point de la durée, ne peut pasplus en concevoir l’étendue, que l’animal stationnaire fur unrocher ne conçoit la grandeur de la terre. On aura beau faire,l’homme n’aura jamais d’autre idée de l’éternité que celle de lasucceifion des êtres ; il imaginera des parties fans cest’e ajoutées àd’autres parties, mais il n’atteindra jamais l’idée de l’étendueinfinie; lì l’infinité de l’espace existe, comme celle du tems,la notion en est inaccessible à l’esprit humain. Au reste, nousne voyons pas pourquoi l’on se refuseroit à l’idée d’un systèmeborné Lc d’un nombre fini de soleils & de corps célestes. Toutnous indique que les forces de la nature font bornées; les
(a) Transactions philosophiques année 1710, N®, z 64.
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