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Tome troisième.
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i6 HISTOIRE

,, roulant à travers Ic8 vaques , l'écume 6c les pierres , tantôt») élevée dans l’air, 6c tantôt perdue dans les flots. Un Finois,> intrépide la gouverne avec un large aviron , pendant que,, deux autres forcent de rame pour la dérober aux flots qui» la poursuivent, 6c font toujours prêts à l’inonder. La quille», alors est: souvent toute en l’air, 6c n’est appuyée que par», une de íes extrémités fur une vague qui lui manque à tout», moment (u) ». Ce font là les commodités du pays. Les Aca-démiciens pouvoient risquer leur vie ôc leur santé ; mais ils setrouvoient heureux d’épargner le tems.

Ils ne négligèrent point de profiter d’un moyen unique deprécision , 6c d’unc ressource que la nature de ce climat leurréservoir; c’étoit dans la mesure de la base. Les bases établiesfur la terre font assujetties à ses inégalités ; il faut des réduc-tions pour en ramener la longueur à un plan de niveau. Lasurface des eaux offre un plan qui est parfaitement de niveau;on résolut d’y établir la base 6c de la mesurer lorsque le fleuveseroit glacé. Cette base , la plus unie, fut encore la plus lon-gue qui eût été mesurée ; elle étoit de 7407 toises. Mais pourcette opération , il falloir attendre l'hiver qui est effroyable dansces contrées. Le soleil se leve à peine vers midi, les crépusculestoujours longs, les neiges de la surface de la terre, les feux duciel, c’est-à-dire , les aurores boréales, donnent assez de lumièrepour travailler chaque jour pendant quatre ou cinq heures.Mais si l’on veut avoir une idée de ce travail, il faut sc repré-senter des habitans de la zone tempérée, marchant fur le fleuvedans une poussière de neige haute de deux pieds, chargés deperches pesantes qu’il falíoit continuellement poser sur la neigeêc relever. Le froid qui nous parut énorme à Paris en 1709 6e

(<j) Figure de la terre, p. 17.

1776 ,