DE L’ASTRON OMTE MODERNE. 23Cette mesure fut étendue à plus de trois degrés dans la longuevallée que les Cordilières renferment dans leur sein, &: qui s’étenddu midi au nord, bordée des deux côtés par les deux chaînesde ces montagnes ; les Académiciens mefurcrent dans la fuitede leurs triangles une longueur de 1 769 5 o toises , c’cst-à-dirc,de plus de 7 5 lieues. Les observations astronomiques faites àCotchcfqui (a) à Tarqui, aux deux extrémités de cette dis-tance terrestre , donnèrent l’amplitude de Tare céleste de 3 07' 1 ", qui répondoit fur la terre à 176930 toises ; d'ou onconclut la longueur du degré de 3 677 ; toises. Mais ce degréest mesuré fur un fol beaucoup plus élevé que le nôtre; c’estcomme s’il appartenoie à un globe d’un plus grand rayon.Pour comparer ces degrés mesurés en différons lieux à dif-férentes élévations , il faut les ramener tous à une élévationcommune , à une même distance du centre de la terre ;cette distance, ce niveau est donné par la nature à la surfacedes mers. On est donc convenu de réduire toutes ces mesuresà ce qu’elles feroient , fi elles avoient été prises au bord de lamer : le degré du Pérou ainsi réduit , fe trouve de 56753toises (é); ee résultat, le fruit du travail de trois habiles Aca-démiciens pendant huit années , doit avoir une exactitudeproportionnée aux foins employés pour l’obtenir. Quant à lamesure terrestre , les Académiciens , leurs Aides, les OfficiersEspagnols s’étoient partagés cn deux troupes, qui fe fuivoientfur les deux chaînes de montagnes,où étoient appuyés les trian-gles ; ces deux troupes pastoient continuellement d’une chaîneà l’autre. Les trois angles de chaque triangle étoient exacte-ment mesurés', ainsi que la hauteur de chaque station , p ,ur
(a) Cotchcfqui est: presque sous l’équa- (b) Bougucr, Fig. de lu terre , p. 174.teur , & Tarqui à un peu plus de j° de JÍ7J0, selon M. de la Condamine. Yof, »
latic, mérid. l'équat. p. 113.