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HISTOIRE
pas assez avancée vers le midi, le ciel n’y est pas assez favo-rable. M. de la Caille , jaloux d’associer son nom à celui deHalley , pensa qu’il lui restoit encore beaucoup à voir Sc àobserver ; il choisit le Cap de Bonnc-Espérancc, Sc il y exé-cuta un des plus grands travaux qu’un homme seul ait oséentreprendre, ce fut de déterminer les positions de toutes lesétoiles visibles, qui fe rencontrent entre le pôle austral Sc letropique du capricorne. Peu de ces étoiles sc montrent fur notrehorizon : cette partie du ciel, qui fait à-peu-près le tiers de lavoûte céleste, est presque entièrement étrangère à nos climats;elle contient dix mille étoiles visibles Sc dignes d'être obser-vées. M. de la Caille n’en a laissé échapper aucune ; qu’on screprésente un homme, qui passe chaque nuit sept à huit heuresfans cesse attaché à une lunette , où il observe toutes lesétoiles que la révolution du ciel fait passer devant lui , tantôtdebout, tantôt couché , Sc regardant le zénith, toujours com-battant le sommeil, Sc multipliant ses travaux pour le sur-monter. II ne fe feroit occupé que des plus belles étoiles, maisleur nombre n’étoit pas assez grand ; il observa toutes lesautres , pour être continuellement en action. Ces momens deM. de la Caille furent à-peu-près semblables à tous les autresde fa vie ; voilà l’homme laborieux , voilà l’Astronome quenous avons peint [a). Cette précieuse description, le Cata-logue de dix mille étoiles qu’il nous a laissé, n’a pas besoin del’épreuve du tems ; le mérite de l’Observateur suffit pour enassurer l’exactitudc. Si l’historien s’écarte ici de la réglé qu'ils’est imposée, les cœurs sensibles & justes le lui pardonneront^M. de la Caille fut son ami Sc son maître.
Une autre recherche importante avoir conduit M. de la
Supra Tome II, p. »8i.