HISTOIRE
qu’étenduc : étendue physique qui est devant nous , que l’oeilpeut distinguer 6c parcourir ; étendue intellectuelle que l’hommepeut rendre présente à son esprit , 6c qui n’est apperçue 6cmesurée que par sa pensée. Voilà, l’cmpirc de la Géométrie.C’est alors qu’elle est grande, qu’clle est vaste comme Punivers!Ouvrage miraculeux de la raison humaine, les hommes y ontconcentré toutes les idées d’ordrc 5c de rectitude qu’ils ontreçues du ciel : si elle a ses limites , comme Pesprit humain ,elle s’est toujours élevée avec lui , 6c tient de fa hauteur ladouble immensité, qui, s’applique à tous les tems Le à tous leslieux, mesurant également 6c les espaces de la durée fugitive,6c ceux de la matière présente 6c visible.
La Géométrie ne fut jadis en Egypte que Part d’arpenterles héritages , 6c d’cn fixer le contour 6c les limites : elle étoithumble 6c bornée dans ces commencemcns , elle n’avoit riende grand que son nom. Aulsi Platon sc moquoit-il de Porgueil dunom de Géométrie , de mesure de la terre , dans un tems oùla terre presque entière étoit inconnue. Bientôt cette sciencefie des progrès rapides dans les mains de Platon même Le desGrecs qu’il enseigna. Elle n’avoit encore considéré que les sur-faces, elle s’cmpara bientôt des trois dimensions de la matière,Le les corps furent mesurés ; elle ne fe borna plus à considérerdes lignes droites, 6c des espaces plans ou solides , bornés parces lignes simples : des sections du cône naquirent quatrecourbes , le cercle , Pellipso , la parabole Le Phypcrbole. Cetteconsidération nouvelle fut un pas marqué de la science. Tan-dis que la ligne droite s’avance par la voie la plus courte ,semble marcher à pas égaux Le semblables , dirigés par undessein constant Le vers le même but, la ligne courbe fe com-pose de détours 6c de sinuosités; fa marche semble contrariée,chaque pli de sa route annonce un changement de dessein Le
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