DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 109
eût fait tout cc qu’une science peut entreprendre de faireavec un instrument de moins. Nous voyons dans le cours decette histoire les différons états par où la science a paffé , Sc,pour ainsi-dire , les transformations qu’cllc a subies. Aujour-d’hui l’Astronomie est géométrique : mais auparavant nousvoyons une Astronomie fans Géométrie; avant celle-ci , uneAstronomie fans télescope ; Sc plus loin dans le tems , uneAstronomie fans instrumens. Que peur-on connoître , quandon ne peut rien mesurer ? Les estimations les plus groíîìèresfont l’ouvrage des générations ; les individus , les peuples dif-paroissent, Se l’efpece qui dure n’a presque rien acquis. C’estdans ces premiers commencemcns qu’on a cru la révolutionde la lune de z8 jours, Tannée de 3 6 5 , Se les périodes desplanètes dans une incertitude proportionnée. Quand les inf-trumens furent inventés , on put faire plus en moins de tems :on détermina Tobliquité de Técliptique, la grandeur des degrésde la terre ; on ajouta un quart de jour à Tannée; les heuresSc les minutes furent employées pour estimer les révolutions.Ces mesures ont été recommencées à chaque fois que les inf-trumens ont été perfectionnés. Enfin les lunettes ouvrirent unnouveau ciel. Sc apportèrent de nouveaux moyens de mesureravec une précision inespérée ; mais ces mesures exactes nesuffirent pas encore. Tout est complication dans les apparencescélestes. Les phénomènes fe présentent en masse ; il n’cn estpoint qui ne tienne à plusieurs causes particulières , dont leseffets font mêlés. Sans doute avec la durée, la nature entièrepeut fe développer, il n’y a qu’à Tobferver fans cesse , tenirun registre fidclle de tous fes mouvemens ; fes périodes ferontdécouvertes, Sc les îoix les plus apparentes feront manifestées.
C’est ainsi que TAstronomie peut marcher feule Sc fansaide. Mais elle eût toujours dépendu du tems, elle feroilTome III, D d