2 ,o HISTOIRE
l’œuvre de la patience ; il n’est presque point de découvertequi ne lui eut coûté des siécles. C’est ce qui est arrivé auxanciens; ils ont aster bien connu les révolutions des astres 2cleurs principales inégalités. Mais fans compter les siécles dupeuple antérieur , les Chaldéens seuls y ont employé plus dedeux mille années, 2c ils n’ont pu aller plus loin. Le détail deschoses est un labyrinthe où il est nécessaire d’avoir un fil ; Lcce fil est ici la connoissance , ou du moins le soupçon descauses. Mais comment ce soupçon peut il conduire à une vraieconnoissance , si l'on n’a une balance de comparaison , où lesessets 2c les causes puissent être amenés à l’équilibrc , 2c oùon voye clairement que les essets démontrent ce que les causesannoncent.
Cette balance , où elles font appréciées , est la Géométrie.Lorsque le génie de Copernic eut rétabli les planètes dans leurvéritable ordre ; lorsque Kepler, occupé à suivre de près leursmouvemens, les vit s’écarter de la forme circulaire , si chèreà l’antiquité , le premier bienfait de la Géométrie fut de luifournir une courbe qu’il pût substituer au cercle , une ellipseoù ces mouvemens sussent renfermés. Ce premier secours étoitdéjà important ; si l’ellipse n’avoit pas été connue , on auroitété obligé de déterminer l’inégalité , ses accroisscmens , sesdiminutions , en les suivant pied à pied par observation. Quede tems pour cette fuite d’observations, que d’erreurs viennents’y mêler! II eût fallu recommencer cent fois. Le désespoir queKepler sentoit de ne pouvoir expliquer les mouvemens de Mars,prouve quelle en étoit alors la difficulté. Ce désespoir eût étécelui des Astronomes ôc des siécles. Lorsque la Géométrie mon-tra que Mars se mouvoir dans une ellipse, elle révéla une loigénérale. Ce n’est pas seulement la planète de Mars, qui a étésoumise au génie de Kepler ^ ce sont toutes les planètes alors