Band 
Tome troisième.
Seite
322
JPEG-Download
 

3 1Z HISTOIRE

détruites, ne fe remontrent que lentement; mais enfin aurems de Tycho, l’esprit humain ayant regagné ce que Poublilui avoit enlevé, la nouvelle Astronomie étoit déjà montée auniveau de Pancienne.

Mais les Européens n’étoicnt point arrivés là pour yrester. Une routine aveugle &. uniforme n’étoit point faitepour eux; ils font organisés pour le progrès des sciencesC’est une vérité bien connue , que le climat modifie leshommes ; il endort, ou il éveille leur activité. Cette activiténous arrache au présent pour nous jeter dans Pavenir ; fanselle, l’homme ne connoîc que la nature qui Penvironne , oumême celle qui le touche immédiatement : il demeure à laplace que fa naissance lui a marquée ; Sc le reste de Puniversest nul pour lui. Cette indolence fut toujours le caractère desOrientaux : ils supportent tout, Sc Pjgnorance Sc la tyrannie;,l’obstacle des difficultés arrête leurs pensées , comme un des-pote enchaîne leur liberté. S’ils ont cultivé les arts & lessciences, c’étoit pour les premiers besoins ; ils y porterent dePattention fans vues , & de la fuite fans méthode. Les habi-tans de PEurope ont reçu un autre caractère : une imaginationvive Sc hardie , qui cherche &. saisit les causes , une raisonperfectionnée , qui lait les peser, semblent être le privilègeparticulier Sc distinctit des Européens. Nés fous un ciel mo-bile , ils ont cette inquiétude qui a besoin de mouvement , Scqui, soit pour le lieu ou pour le tems , fait defirer à Phommede vivre où il n’est pas. Ce mouvement de Pcfprit produit Scaccéléré la succession des pensées; les hommes voyagent, Scils appliquent Sc leurs sens Sc leur intelligence à toutes leschoses de la nature. En Asie, tien n’a été fait que par la cons-tance des travaux ; c’cst le genre humain agissant cn masie ,ou à la fois, ou successivement. En Europe le génie a succédé