DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 321
les jours Sc les nuits, & il la fit marcher, ainsi que toutes lesplanètes, autour du soleil, qui reste seul dans un repos conve-nable à fa grandeur.
Cependant les rouages subsistèrent; une grande roue eut'suffi pour représenter le mouvement supposé égal des planètes,il falloit de petites roues pour satisfaire à leurs inégalitésréelles. Malgré cette complication , dont il étoit encore diffi-cile de fe passer , Copernic avoit fait un grand pas vers lavérité. La destruction du système de Ptolémée étoit un préli-minaire indispensable , & cette première révolution devoirprécéder toutes les autres. Tycho , qui vint après lui, est celuide tous les Astronomes modernes, qui a employé le plus d'ar-gent , le plus de foins, & le plus de tems à l’observation. IIfit avec sa fortune , Lc avec les secours du Roi de Danc-marck, un des plus magnifiques établissemens qu’ait eus l’Astronomic , &c il laissa un trésor d’observations à la postérité ;c’est encore aujourd’hui une partie essentielle de nos richesses.Les observations chaldéennes , celles d’Hypparque & dePtolémée, celles de Tycho, voilà les époques que nous avonsdans les tems. Ces observations nous y rendent présens ; c’estpar leur secours, c’est en les comparant aux nôtres , que noussuivons, à travers les siécles , la succession des mouvemens ,êc que nous cherchons à nous assurer, ou de leur constance ,ou de leurs variations. Tycho s’attacha particulièrement à lalune: il ajouta deux équations à celles qui avoient été connuesde Ptolémée ; il vit les nœuds sc mouvoir, l’orbite s’élever £ts’abaisser fur l’écliptique. Malgré ces découvertes, malgré lestravaux d’un grand nombe de générations, Chaldéens , Grecsd’Alexandrie , Arabes , Européens , tous n’avoient été encoreoccupés qu’à recouvrer ce qu’on avoit perdu. Le mal des révolutions politiques est long à réparer ; les lumières, facilementTome IIJ , S f