4c© DE IA CONNOISSANCEtìe l’Antiquité fit une itatué de Memnon an•haut d’une montagne , qui ne manquoit pas dechâter au Soleil levant.* Un autre fit un Pigeonartificiel , qui voioit en í’air. Et asm qu'on nepense point'que ce sont dessables, on a faitde nos temps ces mêmes choses , & l’on voiedans des grottes de gentillesses bien plus spi-rituelles ; un Satyre qui joue de la flûte focun rocher , tandis que la Nymphe Echo , ti-rant la tête hors d’une caverne opposée, écou-te avec grande attention , & repete ensuitesort doucement tout le concert. Une assembléede petits oiseaux qui demeurent fort paisibles ,tandis qu’u n certain Duc demeure caché ;mais íì-tót que celui-ci fe montre , tous cesoiseaux se mettent à criailler ensemble , avecun si grand tintamarre , qu’on ne sçait s'ilsprétendent íe moquer , ou fi tout de bon iislont en colere. On n’auroit jamais fait , si l’onvouloir raconter les merveilles de ces sottesd’artifices , où Fart imite les actions des ani-maux. II eft vrai qu’à compares toutes ces.machines avec les Bêtes, on y trouve une dif-férence infinie, & que tous ces petits mouve-mens qui le font ainsi par ressors font bien bor-nez & bien grossiers , en comparaison de cet-te subtilité , & de cette diversité prodigieuse ,qui se voir dans les actions du plus petit desanimaux. Mais ne compte-ton pour lien la sa-gesse & Findustrie de Dieu ï Nous demeuionsd'accord , ajoutent-ils , que la différence deces machines de Fart & de la nature soit gran-de , mais la différence cies ouvriers Feft enco-re davantage ; & si des ouvriers auffi ignorans
* V- Kirch. ffctlip. to.2 claf8.cap.3i
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