DES BESTES.
4i S
XXXVIII. Animaux multipliez par ladivision comme les plantes.
J’ai fait souvent une semblable expérienceavec bien du plaisir;& Aristote dit, que cela ar-rive à la plâpart des insectes longs à plusieurspieds ; & même il dit en un autre endroit,qu ilarrive à peu près à de certains animaux, ceque nous voyons dans les arbres : car commeen prenant un rejetton, &.le transplantant,nousle voyons vivre ; & de patrie d’arbre qu’il étoitauparavant, devenir lui même un arbre par-ticulier : auíïï , dit ce Philosophe, en coupantun de ces Animaux, les pieces, qui auparavantne faisoient ensemble qu’un Animal,deviennentensuite autant d’Animaux séparez. Saint Augus tin dit > que cette expérience le ravit en admi-ration, & qu’il demeura quelque-tems fans sça-voir que penser de la nature de l’ame.Ec en ef-fet , si nous supposons que l’ame de ces Ani-maux ait la faculté de sentir & d’apperccvoir,comme nous sentons, & comme nous apperce-vons ; certainement, ce qui se voit dans cetteexpérience, sera non-sculement admirable;maisincompréhensible.
XXXIX. Toute ame qui peut sentir , fipeut sentir elle même , & fi direMoi.
Gar enfin , toute ame qui a la faculté de sen-tir & d’appercevoir les objets, ou ce qui se pas-se au dehors,,en la maniéré que nous le sentons& l’appereevons, devra beaucoup plus sentir SeM m iiij