4i6 DE LA CONNOISSANCEapercevoir ce qui le passe en elle-mcme. * Elisse sentira donc elle même,puisque rien ne lui estsi intimement apliqué ; & en se sentant ainsi,ellese pourra nommer, pour ainsi dire,elle-même,&se dire Moi-, Moi qui me sens, & qui m'aperçais,moi qui sens la. douleur , ou qui remarque cetobjet.
* Nihil cam novit mens quàm id quod sibìjpratsto est : nec menti magis quicquam prestoest, quàm ipsa sibi. Aug,l.\$.deTnn,c.$.
XL. Si l’ame des r Bètes peut dire Moi.,
Mais si cela est, que deviendra ce moi , dansla division de cet insecte? Je voudrois bien voirquels fout les fentime.nsde i'aroe ainsi partagée;car je croi qu'elle se trouveroir bien surprisede 1e voir ainsi en divers endroits. Sans doute,que si elle pouvoir s’expliquer , elle le feroit àpeu près comme le Sosie de Plante, & qu’ellediroit, le moi qui fuis là-, & le moi qui fuis.iti. Faisons, je vous prie, un effort d’esprit ; nenous contentons point de mors,mais tâchons depenetrer , & de voir en effet comment cela sepeut entendre. En bonne foi > concevons-nousquece moi puisse être ainsi en deux lieux ? Oubien dirons-nous que ce moi est partagé, & quece petit Animal divisé puisse dire en effet àpart lui-même, ce que disent par une expres-sion figurée > ces Amans passionnez : Je ne fuisplus moi tout entier ; il y a une autre moitiéde moi-même qui n’est plus avec moi ; ce'queje voi courir loin de moi, est une partie de ceque je fuis.Tout cela peut il avoir un bon sens?êc l’idée que nous avons du moi , n’est ce pas