Vtilité dela visionoblique.
Quelquefigure quel’on puissedouer auxparties del’œil quifont la ré-fractiondes rayós,elles ne-peuventr’assem-
40 LA D I O P T RI QJV E OCVLAIRE,
pendi cul aire fur le centre de l’ouverture de l’œil: mais le Cône de la Radia-tion oblique, n’est jamais circulaire. Car encore qu’il se forme comme le di-rect, en l’ouverture de l’œil qui est circulaire 3 d’autant neantmoins qu’il luyest incliné, & par conséquent aussi son axe 3 il luy arrive pour ce reípectlemefme,qu’à l’œil qui feroitposéen ce mesine point de l'objet: lequel regar-dant une pareille ouverture circulaire dans lamesme obliquité, ne la pourroitvoir circulaire 3 mais Elliptique, ou ovale : oumefmes dans l’extrême obliqui-té, réduite presque en simple ligne droite. C’est-pourquoy la Radiation obli-que , se formant necessairement sur cette apparente ouverture de l’œil, ellene peut jamais estre parfaitement circulaire, mais ordinairement Elliptique ;faisant un Cône comme applaty, plus, ou moins 5 suivant la plus, ou moinsgrande obliquité de son axe, fur le plan de cette ouverture de l’œil : s’il ne dégé-néré mesmes, presque en simple superficie triangulaire , comme nous avonsremarqué.
La troisième, Que I’axe du Cône direct, ne se rompt point par la pénétra-tion des différentes diaphaneitez des humeurs de l’œil. D’autant que la feu-le inclination du rayon , cause sa réfraction, par le 31. Axiome. Et qu’il leurest perpendiculaire par le 46. Mais tous les axes, de tous les Cônes obliques,y tombent inclinez, comme nous avons fait voir : par conséquent, ils s’y rom-pent,parles 31.6e31. Axiomes.
La quatrième , Que tous les rayons du Cône direct , concourent en unmesine point fur la Retine, autant exactement que le sens en peut juger. D’au-tant que les rayons qui remplissent une aussi petite ouverture, que celle dela pupille de l’œil, estants si proches de leur axe, ne sont pas censoz inclinez*comme j’ay remarqué enl’exposition du 21 . Axiome 3 ce qui fait que la vi-sion directe, est tres-forte , Sc distincte ; mais nous avons fait voir que lesrayons des Cônes obliques , ne peuvent pas tous concourir en un mesinepoint, avec leur axe : C’est-pourquoy la vision oblique , n’est jamais si forte,ny si distincte. *
La cinquième, Que le Cône direct, tend toujours précisément au milieude la Retine 3 d’autant que son axe, luy est perpendiculaire. Mais les Cônesobliques, estants des points latéraux de l’objet, tendent feulement aux costezde la Retine.
La sixième, Que le Cône direct .tombe toûj ours à angles égaux fur la Re-tine 3 mais les obliques ou latéraux, y tombent toujours inclinez ; 6c par con-séquent, à angles inégaux.
Toutes ces différences de ces deux sortes de Radiations , & plusieursautres que j’obmets , pour éviter la longueur , peuvent estre facilementobservez en la figure precedente 3 Sc ainsi la cause est évidente , pour laquelle{ comme j’ay remarqué en l’exposition de l’Axiome zi. ) la vision oblique nesatisfaisant pas, hors de la nécessité 3 elle oblige seulement, par l’entreveuëimparfaite qu’eìle donne des objets,à tourner directement les yeux, le sujetl’exigeant 3 pour mieux regarder , ce que l’on ne voyoit pas bien oblique-ment.
Je remarque pareillement icy, au sujet de la peinture, ou représentation quise fait des objets, tant íùr la Retine en l’œil 3 que fur le plan dans la chambreobscure : En premier lieu, que quelque figure ou forme, que puissent avoirles parties de l’œil, qui causent la réfraction des rayons visuels 3 il est impossi-ble qu’elles fassent, que tous ces rayons qui sont envoyez des divers points del’objet, s’assemblent exactement en autant d’autres divers points, en la Reti-ne. Le mesine se doit entendre au respect du plan 5 quelque forme que l’ondonne aux verres : Tout ce qui en peut resulter par la réfraction, est seulement,
que