SECONDE PARTIE. m
Je vous veux donc en effet conduire icy, mon cher Lecteur, comme poúrPrendre quelque agréable divertiíïement, dans un temps serein, ôc calme , lel°ng d’un canal d’eau, tel que sont ceux que l’on void ordinairement accompa-gner tout le reste des ornements, dans les maisons des Grands, les plus accom-plies ; 6c séparer délicieusement, les Jardins ,6e Parteres ,de leurs Palais, &Bastimens superbes. Là vous remarquerez, fur cette glace de cristal d ouce-^ent ondoyante, les admirables Peintures, de la variété d’objets, qui se voidjdevée à l’autre bord de ce canal } ces majestueuses façades , ces miraculeusesoeautez , ces chefs-d’œuvres que tous les Arts semblent avoir pris plaisir defdre, pour acquérir l'honneur de la Maistrisc: vous yparoistront tristementa gitez , 6c comme tous tremblants ; peut - estre saisis, de l’effroy, de se voirP e ndants en cette eau, tous renversez, les combles 5 sous les fondements.Et tout cela si naïvement représenté, que vostre esprit mesme, préoccupé de la^ e uëdece spectacle 5 comme surpris d’étonnement, pourrai peine sc persua-“ er i que ce qu’il sçait estre une feinte -, ne soit réellement, l’effet d’un funeste^rident. Mais je previens icy le sujet de vostre admiration, mon cher Le^c t e ur-, 6c pour ne vous laisser plus long-temps hésiter, en la recherche de laCau se, d'une apparence , qui vous est si nouvelle j je vous l’exposc familie-re ment.
Remarquez donc en premier lieu, que la superficie de I’eau en ce canal, y, aic la fonction d’un Miroir plan, horizontalement couché, au pied de ces°aux Edifices. Secondement, que de meímequ’en cette eau ; la peinture des°kj e ts, qui sc fait au Miroir plan, les represente toûj ours dans I’ordre natu-e l j de leurs éloignemens de íà superficie : 6c d’autant plus avant dans lepq'toir , qu’ils en sont extérieurement éloignez. En troisième lieu , Queil on opposent à quelque distance, un Miroir plan, parallèlement à la face debastimens ; elle s’y represcnteroit avec toutes ses parties, basse, moyenne ,^ haute ; de mesine parallèlement: en un seul, 6c mesme plan. D’autant,^ estants toutes réellement en un mesme plan, perpendiculaire à l'horizon ;
. es seroient auísi par conséquent, toutes également distantes, de la supersi-Cle de ce Miroir ; qui leur seroit parallèlement exposé.
Ces principes posez, la cause , du renversement des objets dans cette eau,^ c °nsequemment évidente : car faiíànt ( comme j’ay déja dit ) la fonctionu n Miroir plan, horizontalement couché ; toutes les parties de leurs faces,st 11 paroiffoient en un mesme plan parallèle,dans le Miroir, que nous leur^ops parallèlement opposé 5 à cause qu’elles estoient également éloignéesa superficie : doivent par conséquent, paroistre dans cette eau, ( ou dans le^ lr °ir plan, qui seroit de mesme horizontalement posé ) toutes inégalementev^pées de leur superficie. D’autant, que la plus basse de ces parties commeter ^ eur ement plus proche de leur superficie, en doit aussi paroistre interieu-v llìe nt, la plus proche, dans Peau, ou dans le Miroir $ les combles, 6c les cou.( j^ tUrcs de ces bastimens, au contraire, estants extérieurement plus éloignez^ a Esserficsejde cette eau, 6c du Miroir j en doivent donc aussi pour la mes.
. raison , paroistre à proportion intérieurement, plus éloignez ; 6c commeprofondément dans l’eau, ou dans le Miroir:6c par conséquent, en or-^ aí J env£ rsé, les parties plus élevées suri’horizon, déprimées, sous les plusr aiso S ’ ^ * es P^ us basses au contraire, 6cc. Voila mon cher Lecteur , lap 0 11 Eexposition familière, de cette apparence catoptrique naturelle. Et
Voi * a Ppbquer á la démonstration , 6c construction de nostre Oculaire j^ remarquerez que,
Pro ^ e ^ me raison , qui nous a cy-dessus enseignez dans les 34. 36. 6cc.P- a redresser la représentation renversée de l’objet, par un second renver-
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