L A
DIOPTRIQVE
O C V LAI R E,
PROPOSITION X LII.
CONNOlSTRE DE COMBIEN , L’OCVLA IRE DIOPTRIQVEde quelconque efpece ; augmente U représentation de lobiet.
A maniéré commune,de reconnoistre, de combien un Oculaireaugmente l’especedel’objet, le regardant d’un œi!,par ì’Oculaire,Sc de l’autre au mesme temps de l’ccil simple ; ne satisfait pas pleine-ment, au requis de cette Proposition. D’autant que la comparai-son qui se fait de la forte, des grandeurs, des deux differentes apparences, quis’en repreíentent par le sens de la veuë , d l’intellect } demeurant touteinterieu-re , fans se pouvoir produire au dehors, n’en laisse aucune preuve, ny certitu-de positive: cette connoislance, estant neantmoins nécessaire , Sc ayant plu-si eurs beaux usages ; je I’inscre icy , en la maniéré que je l’ay perfectionnée,Sc toujours pratiquée.
Soit d cet effet prepárce une réglé de bois, d’une certaine mesure, commede deux pieds de longueur environ ; au milieu de laquelle , fur toute íà lon-gueur , l’on tirera une ligne droite fort apparente ; que l’on divisera en ioo.parties égales, par des lignes traversantes auísi apparentes, comme pour gra-duer une échelle géométrique. L’on posera cette réglé en quelque lieu émi-nent, Sc bien éclairé, duquel on s’éloignera d quelque distance modérée com-me de ioo. ou 150. pas, selon la grandeur de l’Oculaire, lequel estant dressé'fur son appuy, pour le tenir stable, l’on disposera exactement d son point ,poutvoir par son moyen, cette réglé 5 autant grande , Sc autant distinctement, qu’ilse pourra, par les 41. Sc 43. Propositions : Sc la regardant fixement par l’Ocu-laire, l’on fera en forte de la voir toute enticre, avec toutes ses divisions • ( ou dumoins quelque nombre précis de ces divisions: ) Sc alors, ouvrant I'autre œil,l’on regardera au mesme temps, cette mesme réglé , des deux yeux 5 Sc d’au-tant que les deux apparences qui s’en reprefentëront, l’une moindre, d l’ceilsimple; Sc I’autre plus grande, par l’Oculaire; se trouveront d’abord quelquepeu éloignées l’une de I’autre il faudra doucement mouvoir l'Oculaire ho-rizontalement , vers I’apparence simple , si elle se trouve d la main gau-che 8c au-contraire, si elle paroist d la droite , de celle qui se void parl'Ocuíaire ; tant qu’elles conviennent l’une, avec I’autre: Sc que la moindre,se voye toute contiguë de la plus grande ; c’est-à-dire , que leurs deux extré-mitez, de mesme part, conviennent exactement, en une mesme ligne droi-te, parallèle à l’horizon : Sc alors , arrestant fixement l’Oculaire, l’on re-marquera combien la moindre, contiendra des parties de la plus grande. Carsi par exemple , une seule des parties de la plus grande, paroissoit égale à lamoindre apparence toute entiere ; ces deux apparences, ieroient en propor-tion comme 1. à 100. 8c l’Oculaire augmenteroit 100. fois, l'efpece de l’ob-jet. Si elle en contenoit deux, il augmenteroit 50. fois, l’apparence de l’ob-j et 5 Sc la moindre, seroit en proportion avec la plus grande, comme 2. à 100.ou comme i.àjo. qui est le mesme ; Sc ainsi consecutivement : divisant tou-jours le nombre des 100. parties de la réglé , par le nombre des parties, que lamoindre apparence contiendra, des parties de la plus grande ; veuë par l’O-culaire. Comme si la moindre, en contenoit 4. de la plus grande , qui sont