TROISIE'ME PARTIE. , 307
neuíe, quand elle eíl en mesme élévation que le Soleil -, c’est-à-sçavoir le ma-tin , lors qu’elle monte ; 6c le soir, lors qu’elle descend : car estant alors en sonplus grand éloignement du Soleil, elle tourne vers nous la moitié de son Dis-que, qui en est éclairée 5 Pautremoirié opposée, demeurant entierement ob-scure. Elle paroist plus de Ja moitié éclairée, tant le matin , que le soir 5 lorsqu’elle est au delà de son moyen éloignement du Soleil : mais il est difficile, dediscerner la ligne elliptique, de la section, de Ja partie ombrée de son Disque ;d’avec la circulaire , quiíuyest opposée.. D’autant, que tout le Disque pa-roist alors tres-petit; à cause, de son grand éloignement de la terre. On lavoid entierement lumineuse ,ou pleine ; lors que montant à son apogée, elleest proche du Soleil ; 6c de sa conjonction superieure : ou qu’elie en sort.C’est-à-sçavoir le matin , devant qu’elie entre dans les rayons du Soleil 5 6c lesoir un peu âpres qu’elle en est sortie. Car alors , elle tourne vers la terre,la mesme face, qui est tournée vers le Soleil 5 6c qui par conséquent, en estéclairée.
Lors que Venus paroist cornue, croissante, ou décroissance ; ellen’a qu’u-ne tres-petite partie de son Disque éclairée , qui puisieestre veuëde la terre :neantmoins, elle paroist auffi lumineuse à la veuë simple, que Jors qu’elle estEntierement pleine. D’autant , que comme nous avons remarqué , estantpleine, elle est proche de son apogée 5 6c dans son extrême éloignement de laterre : c’est-pourquoy, son Disque paroist fort petit. Au contraire, estant cor-nue , elle est prochedeson pc^igée 3 6c par conséquent, beaucoup plus prochede la terre : 6c pour cette cause, nous voyons alors son Disque, par J’Oculaire,tres-augmenté de grandeur3 6c de plus de 60.fois plus grand, que dans là pléni-tude. Cette grandeur, de fa partie éclairée, jointe á fa proximité de la terre ysuppléant lors, ce qui défaut de lumière , au reste de son Disque.
Fontana, Neapolitain, dit avoir observé avec l’Oculaire Dioptrique, deuxpetits globes 3 se mouvoir à l’entour de la Planète de Venus: 6c asseure, enavoir fait quatre observations.. Mais l’Oculaire, ayant beaucoup esté perfe-ctionné depuis, 6c plusieurs Astronomes ayants mesme observé tres-exacte-nient cette Planète 5 jusques à avoir reconnu des macules fur son Disque,sàns y avoir pû remarquer ces deux petits globes : cela rend ses observa-tions suspectes.
Vínuíparoistplus gran-de , & auíïílumineu-se , lo.r*qu’elîe estcroissante,ou décrois,santé; quelors qu'elleest dans faplénitude ,
De la Planète de Mercure. §
L A raison convainc, que Mercure, doit avoir ses phases } en la mesme ma-niéré, que nous avons fait voir celles deVenus: 6c comme je les ayrepre-íentées, en leur figure commune. Deux choses neantmoins, en rendent l’ob-servation tres-difficile la premiere, est la petitesse de son Disque 3 6c la se- Phases dec onde, qu’il est toujours trop proche du Soleil. Cari! ne s’en peut éloigner, Mercure.qued’environ 18. degrez ,au plus : 6c lors mesme, qu’il est dan s ce plus grand 0^4*,*Éloignement du Soleil, il paroist souvent moins, que lors qu’il est dans son d’aurantPoindre éloignement 5 qui est seulement , de 18. degrez. A cause des crépusEules, du matin, 6c du soir 3 qui nousaffoibliíTent trop fa lumière. Et qui font /rop P ro-'^u’à peine ,peut-on appercevoir la petite cavité de son Disque ; lors qu’ilest che duplus éloigné du Soleil. Toutes ces difficultez, sont la cause, pour laquelleJusques à maintenant , l'on n’a encore pû assez exactement observer 3 l’ac-Cr oissement,6c la diminution de sa lumière : comme l’on a fait, de celle deVenus.
L’on a reconnu par les phases de Mercure , 6c de Venus, au moyen del'O-
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