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La dioptrique oculaire ou la théorique, la positive, et la méchanique, de l'oculaire dioptrique en toutes ses espèces / par le père Cherubin d'Orléans
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zrr LA DIOPTRIQ^VE OCVLÂIRE,

f Oculaire Dioptrique, ne nous découvre pas moins de nouvelles appâ"Tences, ny moins admirables, au sujet des Etoiles fixes ; qu’il nous en a fiait vois■dans la Section precedente, au respect des Planètes. Et nous le devons d’au-tant plus estimer , qu’apres avoir servy à éclairer nos entendemens, dans lesobfcuritez , qui avoientíêmblé jusques icy impénétrables : & à élever nos es-prits, par la spéculation des choses naturelles, à la reconnoiíïance de leurAuteur ; il íért encore à diriger nostre pieté, Lc nostre foy, en la parfaite intel-ligence , de quelques vericezdela Sainte Ecriture. Et pour en donner exem-ple, conforme au sujet que je traite ; je fais seulement icy quelquesuccinte ré-flexion , sur ces divines paroles, du livre de la Genèse, au Chapitre iy. où ilest remarqué, que Dieu parlant à Abraham , lu y dit : Suspice calum t & numerttjìeílas potes. Luy promettant une postérité,aussi nombreuse, que les Etoi-les du Ciel.

L’Ocnki- C’est.une vérité Chrestienne,&il est de la foy , de croire, que ies Etoiles dure pio- Ciel font en si grand nombre ; qu’ií est impossibleà tout homme mortel, de lessokvoir b II ombrer.. L’Ecriture meíme,.lésait voir ; lors qu’ellemetle nombre des Etoi-verité lit- les, en parallèle, avec celuy des grains de fable, qui font aux rivages de la Mer :seraie, à ajoutant ou'ils ne peuvent estre nombrez, à caule de leur multitude. Maisel-paslágcs le 1 exprime rormeuement , en J eremieau Chapitre 3. Emmerari nonpojsuntyde ia *aín - ft e Hœ c <eli : dit ce Prophète. Et le Psaìmiste en ces paroles : Qjtinumerat multit»-kE. ctuu * dïnem stellarum , P faim. 146. attribue privativement â Dieu , le pouvoir, de«ombrer les Etoiles du Ciel.

Or ces veritez posées, je ne peux approuver le sentiment, de ceux qui veu-lent que ces divines paroles .- Sufpice cœlurn , A numera sellas , fi potes , Lee. s'en-te n dent seulement.- fecundum communem fententiam vuigi , exijìimantis infinìtan*esse multitudinem ftellarum , dam eas noffe ferena confuse intuetur , ac fine ordine y nottautem ,quod révéra , tanta fit multìtudo ftellarum , quanta es et sutura multitudo filio -rum Israël , qui ex Abrahamo ortumduxerunt. Selon fopiniondu vulgaire, quicroit que la multitude des Etoiles est infinie , lors qu’il les regarde confusé-ment , 6 L sans ordre : mais non que dans la vérité , la multitude des Etoiles foiefl grande , que celle des enfans d’IÍ'raël dévoie estre, qui ont tiré leurorigi 2ne d’Abraham. Peut-estre , pretendent-ils appuyer cette pensée, sur ce qu’A-braham regardant les Etoiles du Ciel, avec la feule capacité de fa veuë natu-relle 3 n’en avoit pû voir, que la mestne quantité, que les Astronomes en ob-servent ordinairement : qu’ils réduisent au nombre de 1022. ou quelque petsplus, Mais la pieté Chrestienne, ne souffre pas les conséquences, que l’ostinféré neceílairement de cette opinion. Car il s’eníuivroit , qu’Abraham re-igardant les Etoiles du Ciel, ( par le commandement de Dieu , &x. ) Et n’y estvoyant réellement, que ce peu que l’on a de coutume d’en observer, avecsimple veuë naturelle. Premierement, il auroit esté deceu,dans la croyancequ’il auroit euë, que le nombre qu’il en voyoit, estoit preíque infiny : tom-bant dans Terreur du vulgaire, qui en a cette croyance ; d’autant, qu’il les re-igarde confusément, &. sans ordre. Secondement , il s’ensuivroit qu’Abra-ham, quifondoit sa foy, Lc ses espérances, de la multitude de fa future po-stérité ; fur le nombre des Etoiles du Ciel qu’il regardoit, le croyant par er-reur, estre presque infiny : auroit par conséquent fondé sa foy, Le ses espéran-ces , sur une fausse idée, qu’il s'en seroit formé. Et troisièmement, il s’ensui-vroit , que Dieu auroit permis , qu’Abraham eust creu avec erreur dé-ception, en !a vérité de fa divine parole : croyant, que Dieu luy fiai soit voir ustnombre presque infiny d’Etoiles au Ciel ; qui n’auroitexcedé neantmoins quede peu, celuy de 1022. Jenem’arreste pas icy, à réfuter Terreur de cette opi-nion ; me suffisant de savoir mis en évidence. Çar pour moy, je ne doute point,

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